Moufdi Zakaria - شعب الجزائر مسلم وإلى العروبة ينتسب

Il n'y a pas d'écriture de l'histoire sans une philosophie de l'histoire, comme il n'y a pas de science sans une philosophie de la science, ou de droit sans une philosophie du droit. L'un des enjeux est de déterminer une philosophie de la renaissance, une philosophie pour l'action nationale-révolutionnaire, une philosophie pour la revivification de la Nation, et cela pour les 20 prochaines années. Cette philosophie doit réactiver, redynamiser les Constantes nationales : l'Islam, l'Arabité et l’État. C'est à partir de ces Constantes que nous pouvons ensuite aborder les questions de la démocratie, de la justice sociale, etc. Cette philosophie n'est pas seulement un guide pour l'action future, elle est aussi un éclairage sur le passé.

Je suis persuadé que cette saine philosophie nationale-révolutionnaire nous poussera à ceci : à assumer, d'une façon critique et bienveillante, toutes les étapes du processus révolutionnaire enclenché en 1830, de l'émir 'Abd el-Qader à Messali Hadj, d'Abd el-Hamid Ibn Badis 'à Houari Boumediene, de Malek Bennabi à Ahmed Mahsas. Chaque génération a apporté sa contribution à la libération, par delà les ruptures, les querelles, les oppositions, les contradictions. Même si sur le terrain, il y eut, durant la guerre de libération, des affrontements fratricides entre les messalistes et les combattants de l'ALN/FLN, il ne faut pas prolonger dans notre présent et dans notre futur ces différends. La réconciliation nationale doit aussi être temporelle : réconcilier les mémoires révolutionnaires.

Je crois qu'autour de la défense de l'arabité et de l'islamité de l'Algérie (Etat, Nation et Peuple), autour de la défense de l'appartenance de l'Algérie à la fraternité historique des peuples arabes, autour de la lutte contre le berbérisme (qu'il soit kabyliste ou algérianiste !), autour de la solidarité avec les peuples de Palestine et du Sahara occidental, autour d'une politique de puissance et de modernité, de foi et sagesse, nous pouvons tous converger : messalistes et benbellistes, boumedienistes et mahsistes, bennabistes et nassériens, bathistes et kadériens... Chaque sensibilité doit être fière de sa mémoire et en même temps doit tendre la main .
Tahia el-Djazaïr, wa Tahia el-Oumma el-'Arabiyya wa el-Islamiyya

Mohammed Futuwwa