Mon âme, dans ma jeunesse, fut bercée par les mots de la grande chanteuse libanaise Fayrouz. Sa chanson « Jérusalem » – El Qods – n’évoque pas seulement le destin d’une ville meurtrie à cause de l’occupation. Elle est en même temps un hymne à l’Âme du monde, à la prière, à la paix et à cet entrelacement entre les vieilles églises et les vieilles mosquées, sur fond d'arabité. La physicienne tunisienne Inès Safi en en a proposé une belle traduction, dont voici quelques strophes :


Jerusalem القدس Fairuz Jerusalem Flower of cities زهرة المدائن al quds


Ô Fleur des cités…
Pour toi ô cité de la prière, je prie
Toi aux plus belles demeures, ô fleur des cités
Ô Jérusalem, ô cité de la prière
Nos yeux émigrent vers toi chaque jour
Circulent dans les ruelles des temples

Enlacent les vieilles églises,
Essuient la tristesse des mosquées
Ô nuit de l’ascension,
Ô chemin de ceux qui sont passés aux cieux
Nos yeux émigrent vers toi chaque jour
Et moi je prie […]
Quand la cité de Jérusalem a succombé
L’amour a régressé,
Et la guerre a colonisé le cœur de la vie
L’enfant est dans la grotte avec sa mère Marie,
Deux visages qui pleurent,
Et moi je prie
La colère étincelante arrivera, je suis emplie de foi
La colère étincelante arrivera, je dépasserai les tourments
De chaque chemin, elle viendra,
montant aux chevaux de la frayeur, elle viendra
tout comme le visage téméraire de Dieu, elle arrivera
La porte de notre ville ne se fermera guère
Et moi j’irai prier