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La Tradition est formelle : le jeûne que le musulman et la musulmane doivent accomplir durant le mois béni de ramadhan n'appartient qu'à Dieu. Ne pas manger, ne pas boire, tant que le soleil est présent dans notre ciel, entre l'aurore et le crépuscule, c'est se mettre en retraite, explorer son âme, plonger dans les profondeurs de sa conscience pour dissoudre les adhérences inessentielles. C'est le mois du Jihad an-Nafs, du Grand Jihad, même si ce combat de l'Âme doit se poursuive continuellement, jusqu'à notre mort décrétée par Dieu. C'est tout le sens du tasawwuf que de mettre l'accent sur cette donnée fondamentale. Mais, se mettre en retraite, ce n'est pas battre en retraite. Au contraire, le ramadhan est le mois durant lequel il nous faut apprendre à rejet l'accessoire pour aller à l’essentiel. L'éthique islamique trouve son centre dans cet idéal de justice, notamment par seulement la justice sociale, la justice des humains, mais aussi la justesse intérieure, ainsi que la justesse écologique. Ici, le droit, la liberté, la libération, l'harmonie avec la Nature vivante sont convoqués comme autant de visages de la justice. Dans un hadith rapporté notamment par Mouslim, Dieu a dit : « Ô Mes serviteurs! Je me suis interdit l’injustice à Moi-même, et Je vous l’ai également interdite. Ne soyez donc pas injustes les uns envers les autres. » (Sahih Mouslim).

C'est la raison pour laquelle, nous devrions faire ce mois béni de ramadhan une Occasion pour réfléchir à la justesse de ce nos actions, et de nos engagements, et à nous poser les questions essentielles, en tenant compte des drames contemporains. Dans le contexte de Nation algérienne, mes questions sont celles-ci, et elles sont au nombre de sept :

Que faisons-nous, réellement, concrètement, individuellement et collectivement, pour honorer la mémoire des chouhadas, les martyrs de la révolution algérienne, qui n'a pas commencé en novembre 1954, mais dès le premier acte de résistance contre l'ennemi, en 1830 ? Ces chouhadas ne sont pas seulement ceux et celles qui sont tombés au champ d'honneur entre 1954 et 1962, mais qui sont mort depuis de début combat.

Que faisons-nous, réellement, concrètement, individuellement et collectivement, pour transmettre le feu de la mémoire révolutionnaire aux nouvelles générations, dans l'affirmation que le combat pour la libération et la justice ne s'est pas terminé en 1962, car l'ennemi a continué, jusqu'à nos jours, à tramer ses complots contre la souveraineté de l’État et de la Nation ?

Que faisons-nous, réellement, concrètement, individuellement et collectivement, pour mettre en place les conditions d'une authentique renaissance nationale civilisationnelle arabo-islamique dans notre Patrie, sur les terrains de la connaissance, de la technique, de la puissance, qui sont les caractères des peuples forts ?

Que faisons-nous, réellement, concrètement, individuellement et collectivement, pour mettre au pas les courants de la haine anti-arabe et anti-islamique, qui polluent certaines fractions de la population du pays, notamment les courants franco-berberistes (qu'ils soient kabylistes ou algérianistes) ?

Que faisons-nous, réellement, concrètement, individuellement et collectivement, pour témoigner de notre solidarité avec le valeureux peuple frère de la sainte Palestine, peuple qui n'est pas seulement victime de l'ennemi, mais aussi et surtout un héros collectif de la révolution de la dignité nationale ?

 

 

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Que faisons-nous, réellement, concrètement, individuellement et collectivement, pour témoigner de notre solidarité avec le valeureux peuple du Sahara Occidental, de son Front Polisario, et de son État, la République Arabe Sahraouie Démocratique, qui font face à un complot, à une alliance diabolique entre l'ennemi, la réaction arabe (à commencer par le Makhzen alaouite qui aliène à la fois le peuple frère sahraoui et le peuple frère marocain) ?

Que faisons-nous, réellement, concrètement, individuellement et collectivement, pour témoigner notre amitié fraternelle et spirituelle avec les peuples arabes (Iraq, Syrie, Yémen) victimes de l'ordre impérialiste, de ses ingérences guerrières, et de régimes politiques autoritaires qui ont rarement été à la hauteur de l'Idée nationaliste-révolutionnaire arabe et de l'humanisme musulman ?

Que faisons-nous, réellement, concrètement, individuellement et collectivement, pour assumer le message écologique porté par notre sainte religion, notre sainte tradition ? Comment imaginer un seul instant que la vie spirituelle, la pratique rituelle, comme celle du jeûne durant le mois béni de ramadhan, puissent être authentique à l'ombre d'une terre malmenée, polluée, tourmentée ?

Ces questions ne sont pas personnelles, mais je les ressens au plus profond de moi. A chacun de se déterminer, librement et en conscience.

Puisse Allah nous donner la force et la grâce de vivre une vie héroïque au service de la Patrie algérienne, de la Nation arabe, de la Oumma islamique, et de cette humanité en quête de liberté et de justice, contre, résolument contre !, les forces de l'ennemi, les pièges de l'impérialisme et de ses complices.

Fraternellement.