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Edward W. Saïd est mort le 24 septembre 2003 des suites d’une leucémie. Né en 1936 à Jérusalem, il était professeur à la Columbia University de New York, enseignant notamment la littérature comparée. Son œuvre, en particulier L’orientalisme. L’Orient crée par l’Occident, témoigne d’une profonde intelligence de son temps, mais aussi de la culturelle universelle. Son opposition à la théorie du clash des civilisations véhiculées par les néoconservateurs occidentaux se fondait sur une analyse politique mais aussi et plus essentiellement sur une haute conception de l’humanisme, dont il disait ceci : « …l’humanisme est le seul acte et j’irai jusqu’à dire l’acte final de résistance que nous ayons pour nous battre contre les pratiques et les injustices inhumaines qui défigurent l’Histoire de l’humanité. »

Dans son travail intellectuel, il a mis en lumière l’impasse d’une approche réductrice de l’impérialisme, réduit à ses seules dimensions politico-militaire et économique. Sans sous-estimer le poids des arguments géopolitiques mercantiles, Edward Said a souligné l’importance des représentations du monde, des idéologies, des aliénations culturelles dans la domination du Nord sur le Sud. De la « mission civilisatrice universelle » dans le discours colonial européen du 19ème siècle au « clash des civilisations » de l’actuelle rhétorique guerrière de l’Empire, ce sont les mêmes ressorts idéologiques qui identifient l’Universel avec l’Occidental et disqualifient le principe même de la diversité culturelle. Edward Said a indiqué qu’un autre monde était possible, qu’une autre perspective pouvait être défendue : celle d’un universalisme fondé sur le pluralisme des histoires, des géographies et des Imaginaires.

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Avec le poète Mahmoud Darwich