Constantin Zurayq

Constantin Zurayq est l'un des plus grands et des plus talentueux philosophe arabe contemporain. Ce Syrien est né le 18 avril 1909 à Damas et mort le 11 août 2000 à Beyrouth. Arabe chrétien (grec-orthodoxe), il a obtenu un doctorat en histoire en 1930 à l'Université de Princeton aux Etats-Unis. Il sera diplomate pendant plusieurs années, avant de devenir le président de l'Université de Damas, puis le vice-président de l'université américaine de Beyrouth. Son œuvre théorique est importante, et son premier livre (1939) s'appelle La conscience arabe (al-wa`i al-`arabi). Constantin Zurayq a eu une énorme influence sur un groupe de jeunes révolutionnaires, comme le Dr. Georges Habbache. Ce groupe formera le Mouvement des nationalistes Arabes.

L'un de ses livre s'appelle « Nous et l'histoire », nahnou wa al-tarikh. C'est un livre essentiel pour comprendre le rapport à la double histoire. L'« histoire » comme synonyme de passé (comme dans la phrase : « L'histoire de l'Algérie ») et l'histoire comme synonyme de la science historique. Le philosophie syrien développe une philosophie nationale pour la renaissance, et cela à partir d'une lecture à la fois rationnelle et spirituelle de l'histoire arabe, jusqu'au prophète. Chrétien, Constantin Zurayq vouait pour le Prophète Mohammed une admiration et un amour immense...

Dans un autre livre, La Conscience arabe, il écrivait ces lignes sublimes :
« Un simple coup de fil sur n’importe quel aspect de notre vie nationale – politique ou économique, social ou intellectuel – montre que nous sommes tous, hommes et femmes, jeunes et vieux, ligotés par nos objectifs étriqués, attachés à nos passions particulières, avides de biens matériels et en conflit à propos des multiples aspects de la vie. Dès lors, on ne s’étonnera pas de voir nos affaires aller mal en pis, la personnalité de nos dirigeants et de nos chefs perdre sa qualité et s’abaisser au-dessous du niveau où elle devrait se situer, cependant que le mécontentement s’étend, que le désespoir se généralise et que les gens en arrivent à ne plus supporter la vie ; eussions-nous l’argent du monde entier et la science du ciel, sans une foi véritable, nous ne saurions atteindre à la liberté ou à la dignité (…)
Revenant de guerre, le noble Prophète arabe disait : « Nous retournons de la petite guerre sainte à la grande guerre sainte, la lutte de l’esprit. » C’est là un mot plein de sagesse et d’enseignement, qui s’applique à toute nation menant une véritable lutte et cherchant à atteindre les fins idéales de la vie. »

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