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Michel Chodkiewicz, grand spécialiste de la théologie mystique de l'islam, et notamment du Cheikh al-Akbar, Ibn 'Arabi, et lui même musulman, souligne que la langue arabe dispose de quatre grandes racines verbales pour « cerner la notion de sacré en islam ». « HRM, qui évoque une idée de séparation et d'où procèdent les mots qui, dans le Coran, s'appliquent à l'espace sacré (la Kaaba et la mosquée qui l'entoure) et au temps sacré (quatre mois sur douze) ; QDS, (…) qui exprime la transcendance, la pureté et qu'on utilise pour parler de Dieu ou dans les eulogies posthumes de personnages vénérés ; BRK, d'où dérive le terme bien connu de baraka, dont les sens sont divers selon les contextes mais comportent une référence à un influx d'origine surnaturelle qui peut être source de pouvoirs exceptionnels (…) ; GhYB qui dénote l'occulte, le mystère ». (Chodkiewicz, 1992). La seconde racine, QDS, est essentielle pour notre exploration, car elle est à l'origine du nom arabe de la Cité : Al-Qods, ou encore Bayt al-Maqdis. Ce nom révèle la haute dignité spirituelle de Jérusalem, le fait qu'elle est la « Sainte », la « Maison de la Sainteté ». On notera qu'une ville palestinienne, et l'une des plus fameuses, Bethléem, porte aussi en arabe ce mot de Bayt, la « Maison » (Bayt Laham, la Maison de la chair). Michel Chodkiewicz rappelle également que les chrétiens de langue arabe ont formé, à partir de la racine QDS, le mot qui désigne les « saints ».

QDS est une vieille racine sémitique, attestée dans plusieurs langues, comme l'akkadien ancien qu-du-si-is, qui signifie « purifier », en babylonien ancien qadasu(m), « être consacré », en assyrien ancien qassum, « saint ». La philologue Pascale Hummel écrit à ce propos que « Toutes les formes verbales et les adjectifs dérivés de la racine qds sont traduits par les verbes « purifier, consacrer, dédier », et par les adjectifs correspondants. Quel que soit le contexte religieux, la consécration se fait au moyen d'une purification par une série de rites, les deux actes de consécration-purification sont si liés qu'aucune distinction nette se sépare les deux notions. » (Hummel, 2005,p. 205)