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Je ne suis pas un historien de l'Algérie médiévale, mais la connaissance de l'histoire de la patrie m’apparaît comme un enjeu à la fois culturel et politique. Cette connaissance est culturelle car elle met à jour la richesse de l'histoire nationale, la créativité des diverses dynasties qui portèrent et incarnèrent l'Algérie. Mais cette connaissance est aussi politique, et cela dans le contexte actuel de l'offensive idéologique des milieux franco-berbéristes contre la caractère arabe de l'Algérie, au profit d'une soit disant berbérité, au profit d'une « origine » amazigh artificielle.

Il va de soi qu'en tant que nationaliste algérien de sensibilité arabo-musulmane, je considère que l'histoire est faite ! C'est-à-dire qu'il ne s'agit pas de prendre parti pour telle ou telle dynastie. L'Algérie arabe d'aujourd'hui assume dans sa conscience l'ensemble des tribus, des dynasties, des villes et des villages.

Les Aghlabides, les Banu El Aghlab (بنو الأغلب).

Cette puissante dynastie, dont le centre politique était l'Ifriqiya (Tunisie), régna sur l'ensemble du Nord de l'Algérie (principalement Constantine, Bejaia et Annaba), à l'Ouest, et sur la Tripolitaine (Libye) à l'Est. Les émirs de Banu El Aghlab viennent de la grande tribu arabe des Banu Tamim. Avec les Aghlabides, l'Algérie s'inscrit dans le même courant historique de l' arabité et de l'islamité que celui qui porte les sociétés du Machreq.

Les Banu Tamim sont apparus au 1er siècle, avec le fondateur de la lignée, Tamīm ibn Murr. Dans leur généalogie, les hommes de la tribu se disent descendre d'Adnan et des prophètes Ismaël et Ibrahim. C'est principalement dans l'Arabie centrale, au Nedj, qu'ils vivaient, mais aussi en Iraq (Bassora et Diyala) et en Iran (dans les régions du Khouzestan et du Khorassan). Une partie du prestige des Banu Tamim viendrait d'un hadith du prophète Mohammed (que la Pais soit sur Lui) rapporté dans le Sahih al-Bukhari « Ne dites rien sur les Banu Tamim sauf de bonnes choses, car ce sont ceux qui combattront le plus rigoureusement le Dajjal, l'Antéchrist ».

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Tout commence avec le prestigieux, le sublime Calife abasside de Baghdad, Haroun ar-Rachid, nomme, en l'an 800, Ibrahim ibn al-Aghlab émir héréditaire de l'Ifriqiya, incluant le Nord de l'Algérie et la Libye. Il était le fils d'un officier arabe du Khorassan. Avec cette décision, le calife espérait ramener la stabilité au Mahreb, minée par une mauvaise gestion des affaires publiques et des révoles incessantes. L'ordre sera rétablit et les émirs aghlabides resteront de fidèles représentants de l'empire. Assez vite, ils fondent une nouvelle capitale, El Abbasiyya, à l'extérieur de Kairouan. Cela leur permettait de garder une certaine autonomie par rapport aux différents clans socio-politiques et religieux. Il faut noter que les Aghlabides n'étaient pas tendre à l'égard des tribus berbères qui refusaient de prêter allégeance à l'émir, au calife et à l'empire. Théologiquement, les Aglhabides appartenaient à l'école philosophique mu'tazilite. Le grand historien tunisien Mohamed Talbi dans son livre L'émirat aghlabide a consacré de belles pages à cette dimension spirituelle/intellectuelle de la dynastie.

Par ailleurs, les Aghlabides joueront un rôle majeure dans le processus d'arabisation du Maghreb, donnant des facilités aux immigrants arabes originaires du Machreq. Ils développent l'architecture militaire, en établissant de nouveaux ribats, pour défendre le territoire. Mais le génie militaire aghlabides s'est aussi manifesté par de nombreuses expansions de la Oumma et des victoires décisives en Méditerranée : la Sicile, la Sardaigne, Malte !

La dynastie des Aghlabides sera aux commandes de 800 à 909, et elle aura compté onze souverains, avant l'émergence d'une autre dynastie, celles des Fatimides

Le célèbre voyageur et historien arabe du 9ème siècle, Ahmad ibn Abu Ya'qub, connu sous le nom de al-Yaqubi, rapporte, dans son livre, Kitāb al-buldān (Livre des Pays), que les Banu Tamim, la tribu des Aghlabides, peuplent en partie la ville algérienne de Belezam. Belezma est un massif montagneux situé dans la Wilaya de Batna. Ce massif prolongerait celui des Aurès. D'ailleurs, il y avait à Belezma un très important jund, une communauté militaire arabe. Et son chef n'était autre, à la fin du 8ème siècle, que le futur émir et fondateur de la dynastie, Ibrâhîm ibn al-Aghlab, qui était sous-gouverneur du Zâb (Biskra ).

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