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Extrait de la « Charte de Tripoli », proclamée par le CNRA, lors de son congrès du 27 mai au 7 juin 1962.. Ce texte est l'un des documents de base de la pensée nationale-révolutionnaire algérienne. Voici la section consacrée à la « Culture ». L'importance des Constantes nationales, la langue arabe et l'islam, est réaffirmée avec force, sans démagogie, mais avec une intelligence de la situation historique.

POUR UNE NOUVELLE- DEFINITION DE LA CULTURE.

La nécessité de créer une pensée politique et sociale nourrie de principes scientifiques et prémunie contre les habitudes d’esprit erronées, nous fait saisir l'importance d'une conception nouvelle de la culture.
La culture algérienne sera nationale, révolutionnaire et scientifique.

1e) Son rôle de culture nationale consistera, en premier lieu, à rendre à la langue arabe, expression même des valeurs culturelles de notre pays, sa dignité et son efficacité elle tant que langue de civilisation. Pour. cela, elle s’appliquera à reconstituer à revaloriser et à faire connaître le patrimoine national et son double humanisme classique et moderne afin de les réintroduire dans la vie intellectuelle et l’éducation de la sensibilité populaire. Elle combattra ainsi le cosmopolitisme culturel et l’imprégnation occidentale qui ont contribué à inculquer à beaucoup d’algériens le mépris de leurs valeurs nationales.

2') En tant que culture révolutionnaire elle contribuera à l’œuvre d'émancipation du peuple qui consiste à liquider les séquelles du féodalisme. Les mythes anti-sociaux et les habitudes d’esprit rétrogrades et conformistes. Elle ne sera ni une culture de carte fermée au progrès ni un luxe de l’esprit. Populaire et militante, elle éclairera la lutte des masses et combat politique et social sous toutes ses formes. Par sa conception de culture active au service de la société. Elle aidera au développement de la conscience révolutionnaire en reflétant. Sans cesse, les aspirations du peuple, ses réalités et ses conquêtes nouvelles, ainsi que toutes les formes de ses traditions artistiques ;

3e) Culture scientifique dans ses moyens et sa portée. La culture algérienne devra se définir en fonction de son caractère rationnel, de son équipement technique, de l’esprit de recherche qui l’anime et de sa diffusion méthodique et généralisée à tous les échelons de la société.
De là, découle la nécessité de renoncer aux conception routinières qui pourraient entraver l’effort créateur et paralyser l’enseignement en aggravant l’obscurantisme hérité de la domination coloniale. Cette nécessite s’impose, d’autant plus, que la langue arabe à subi un tel retard comme instrument de culture scientifique moderne, qu’il faudra la promouvoir, dans son rôle futur, par des moyens rigoureusement concrets et perfectionnés.

La culture algérienne ainsi définie devra constituer le lien vivant et indispensable entre l’effort idéologique de la Révolution démocratique populaire et les tâches concrètes et quotidiennes qu’exige l’édification du pays.
A cet égard, le relèvement indispensable du niveau culture des militants des cadres, des responsables et des masses en général, revêt une importance capitale.
Il permettra, notamment, d’inculquer à tous, le sens du travail et d’élever, ainsi, le rendement de la production dans tous les domaines.
L’avant-garde révolutionnaire du peuple doit donner l’exemple en l’élevant son propre niveau culturel et en faisant de set objectif son mot d’ordre constant.
Il convient de rappeler que les paysans et les ouvriers, qui ont été les principales victimes de l’obscurantisme colonial, gagneront à élever leur niveau culturel afin de faire face, plus efficacement, aux tâches et responsabilités qui leur incombent dans la Révolution.

Il y a lieu, ici, de dénoncer vigoureusement la tendance qui d’un consiste à sous-estimer l’effort intellectuel et à professer, parfois, un anti-intellectualisme déplacé.
A cette attitude répond, souvent, un autre extrême qui rejoint, par plus d’un point, le moralisme petit-bourgeois. Il s’agit de la conception qui consiste à utiliser l’islam à des fins démagogiques pour éviter de poser les vrais problèmes. Certes, nous appartenons à la civilisation musulmane qui à profondément et durablement marqué l’histoire de l’humanité : mais, c’est rendre un mauvais service à cette civilisation que de croire que sa renaissance est subordonnées à de simples formules subjectives dans le comportement général et la pratique religieuse.

C’est ignorer que la civilisation musulmane, en tant qu’édification concrète de la société, à commencé et s’est longtemps poursuivie par un effort positif sur le double plan du travail et de la pensée, de l’économie et de la culture. De plus, l’esprit de recherche qui l’a animée , son ouverture rationnelles sur la science, les cultures étrangères et l’universalité de l’époque. Ce sont, avant tout, ces critères de création et d’organisation efficiente des valeurs et des apports qui l’ont fait largement participer au progrès humain dans le passé, et, c’est par là que doit débuter toute renaissance véritable. En dehors de cet effort nécessaire, qui doit être entrepris en premier lieu sur des bases tangibles et suivant un processus rigoureusement ordonné la nostalgie du passé est synonyme d’impuissance et de confusion.
Pour nous l’islam, débarrassé de toutes les excroissance et superstitions qui l’ont étouffé ou altéré, doit se traduire, en plus de religion en tant que telle, dans ces deux facteurs essentiels : la culture et la personnalité.
Liée, par ailleurs, aux impératifs multiples de la culture nationale, révolutionnaire et scientifique, l’importance du développement de notre personnalité n’est plus à démontrer.
La lutte victorieuse de libération vient d’en dégager des aspects majeurs inconnus ou méconnus jusqu’ici.

POUR UNE NOUVELLE- DÉFINITION DE LA CULTURE.ore d’avantage dans l’avenir, tant est grande la capacité de notre peuple de suivre le mouvement de l’histoire sans rompre avec son passé.
Résolument orientée vers la réalisation de ses tâches révolutionnaires. L’avant-garde consciente du peuple algérien, commencera, d’abord, par déployer la voie qui mène au progrès collectif de la société en liquidant les séquelles et survivances des systèmes révolus, en dissipant les équivoques et les fictions démagogiques. Le succès de la révolution démocratique populaire est à ce prix.