Ezzedin Al-Qassam

Largement considéré comme une icône de la résistance inspirée de l’islam contre l’oppression, la tyrannie politique et l’occupation étrangère, le Sheikh continue d’être une source d’inspiration pour des milliers de jeunes musulmans qui ont décidé de suivre son chemin.

Ce n’est donc pas une coïncidence si la branche militaire du mouvement palestinien de libération Hamas, les Brigades Ezzedin Al-Qassam, porte son nom.

Contrairement à beaucoup d’« ulémas » (savants musulmans) de son époque, Sheikh Al-Qassam a réussi à conjuguer de façon remarquable l’instruction religieuse à la conscience politique et à la résistance armée contre les forces françaises d’occupation en Syrie dans les années 1920, et ensuite contre l’armée du Mandat britannique en Palestine au début des années 1930.

Dans ses nombreux sermons, tant en Syrie qu’en Palestine, le Sheikh a enseigné que si les Musulmans ne s’aidaient pas eux-mêmes, personne ne le ferait, et que les Musulmans devaient se prendre en charge de toutes les manières possibles.

Liberté et indépendance

Il a également professé qu’une véritable unité ne pouvait se réaliser que sous la bannière de l’Islam. « Sans l’Islam, » disait-il, « nous ne sommes que des tribus sans lien, chacune préoccupée par ses propres considérations étroites. »

Le Sheikh a totalement rejeté le concept de nationalisme territorial, disant que le nationalisme n’était qu’un degré avancé du tribalisme alors que l’Islam unifie les Musulmans sous la bannière du message sublime et universel de fraternité sous la souveraineté de Dieu.

On a souvent cité ces paroles du Sheikh, « Partout où le nom d’Allah est invoqué, là est mon pays. »

Les biographes divergent sur la date exacte de sa naissance. Cependant, il est largement admis qu’il est né vers 1880 dans le petit village de Jableh, près de Latakieh, le long de la côte syrienne.

Très tôt, le jeune Ezzedin a rejoint l’école religieuse du village, apprenant les rudiments de la langue arabe ainsi que le Coran et les Hadiths (la tradition du Prophète Mohammed, que la paix soit sur lui). Quelques années plus tard, vers 15 ou 16 ans, il est allé au Caire pour étudier les disciplines de la Shari’a à l’Université Al-Azhar.

Il est resté en Egypte pendant neuf ans qu’il a mis à profit pour élargir ses horizons et se familiariser avec la situation contemporaine du monde musulman. A 25 ans, il est revenu en Syrie où il a commencé à enseigner et à prêcher dans les mosquées locales.

Cependant, contrairement à beaucoup de ses « ulémas » contemporains, l’attention du Sheikh ne s’est pas cantonnée à l’enseignement de la Shari’a et à la lutte contre l’analphabétisme. Il a également préparé la Umma à résister et à repousser les assauts des invasions et occupations occidentales, auxquelles aucun pays arabe au Moyen-Orient et en Afrique du Sud n’avait pu échapper.

Au début des années 1920, lorsque les armées italiennes occupèrent la Libye, le Sheikh incita la population à se soulever contre le colonialisme occidental.

La lutte contre l’occupation

Il a même mené des protestations contre les Italiens, exhortant la population à donner de l’argent pour les Mujahedeen libyens.

Selon un témoignage, le Sheikh a vendu sa propre maison, dans son village natal de Jableh, pour acheter des armes pour soutenir la résistance libyenne sous le commandement de Sheikh Omar Al-Mukhtar.

Lorsque la population syrienne a commencé à s’insurger contre l’occupation française, Sheikh Al-Qassam fut aux avant-postes de la révolution, provoquant la colère des autorités d’occupation. Au début, les Français ont tenté auprès de lui la stratégie de « la carotte », mais il a rejeté avec un mépris les sollicitations françaises ainsi que toute forme de coopération avec les gouvernements colonialistes.

Face à son attitude intransigeante, les forces françaises ont tenté de l’assassiner. Cependant, après des mois de clandestinité et de lutte, le Sheikh apprit que les Français étaient près de s’emparer de lui. Il a décidé de partir à Damas, où il a pris part à la célèbre bataille de « Maysaloun », où les forces syriennes en petit nombre et peu armées ont essayé, en vain, de repousser les envahisseurs français.

En Palestine

Tandis que les Français traquaient le Sheikh et d’autres leaders du soulèvement syrien, Ezzedin Al-Qassam a décidé de se déplacer vers le sud, à Haifa, en Palestine, en 1922.

En Palestine, il a rapidement gagné les cœurs des gens ordinaires et il est devenu l’imam et le prédicateur de la Mosquée Al-Istiklal de la ville. Dans ses sermons, le Sheikh a enseigné aux Musulmans qu’ils devaient repousser et résister activement aux envahisseurs étrangers, comme les Français en Syrie et les Britanniques en Palestine, disant que chaque Musulman qui tombait en combattant les envahisseurs serait un martyr vivant en compagnie des prophètes et des saints.

En plus de son rôle de promotion de l’apprentissage religieux et de la prise de conscience musulmane, le Sheikh a voyagé dans toute la Palestine, exhortant les populations à se préparer pour le Jihad (le combat sacré) contre les autorités du Mandat britannique, qui autorisaient un grand nombre d’immigrants juifs à s’installer en Palestine pour mettre en œuvre la tristement célèbre Déclaration Balfour.

 

عزّ الدين القسّا

Le Sheikh était un fervent partisan de l’autonomisation des Musulmans. En 1929, la rumeur a couru que des immigrants juifs avaient planifié l’incendie de la Mosquée Al-Istiklal à Haifa. Certains de ses partisans ont suggéré de prendre contact avec les autorités britanniques pour déjouer le plan juif. Le Sheikh a refusé catégoriquement cette suggestion, disant que les Musulmans devaient défendre leurs mosquées de leur propre sang. Une mosquée qui est protégée par l’ennemi ne vaut pas la peine d’être maintenue, disait-il.

Il a également exhorté la population de Palestine à aller jusqu’à vendre les bijoux de leurs épouses pour acheter des armes et défendre leur terre, leur honneur et leur dignité.

Un jour qu’il prêchait, il a montré une arme à feu qu’il cachait sous sa robe, disant à l’auditoire : « Celui parmi vous qui croit vraiment en Dieu et au Jour du Jugement devrait en posséder une comme celle-ci. »

Le Sheikh n’appréciait pas un excès de décoration des mosquées, disant que l’argent devait servir à se procurer des armes pour combattre les envahisseurs.

Il savait que les sionistes envisageaient de s’emparer de la Palestine et d’anéantir ou d’expulser son peuple. Sa prophétie s’est avérée très juste.

Al-Qassam fut un grand tacticien lorsqu’il a préparé la longue lutte contre les autorités du mandat britannique, une lutte qui requérait, avait-il réalisé, des ressources immenses, l’unité nationale et la résilience. « Si nous ne nous aidons pas nous-mêmes, personne ne le fera, » ne cessait-il de dire aux combattants de la résistance.

En 1934-1935, les opérations de résistance ont commencé à remporter succès après succès, tandis que les opérations dirigées par le Sheikh se répandaient dans les régions de Tulkarem, Naplouse et Jenin. Les Mujahedeen ont traqué de nombreux officiers britanniques, attaqué les garnisons de l’armée britannique et liquidé les collaborateurs qui avaient donné des informations sur la résistance.

La mort d’Al-Qassam

Le succès de la résistance a suscité beaucoup d’enthousiasme parmi les gens ordinaires, incitant de nombreux jeunes gens à rejoindre les rangs des Mujahedeen. Comme l’on pouvait s’y attendre, cela a rendu furieuses les autorités britanniques, qui ont réagi en lançant une campagne de chasse aux sorcières contre lui.

Toutefois, au lieu de s’échapper ou de se cacher, le Sheikh a officiellement déclaré la révolution dans les bois de la ville de Ya’abud, près de Jenin. Mais les forces britanniques l’ont rapidement localisé, ainsi que ses compagnons de lutte. De plus, des forces militaires considérables ont été dépêchées pour le prendre mort ou vif. Le Sheikh a refusé de se rendre et une bataille féroce s’en est suivie, au cours de laquelle de nombreux soldats britanniques perdirent la vie.

Le 20 novembre, le corps du Sheikh et ceux de quelques-uns de ses compagnons furent découverts sur le champ de bataille.

Son martyr fut un choc dans toute la Palestine, et des dizaines de milliers de personnes participèrent à son cortège funèbre à Haifa.

 

(source : http://www.ism-france.org)