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C'est à l'âge de 82 ans que Mohamed Bouarroudj est mort, le dimanche 10 juillet 2016, des suites d'une longue maladie. Il a été inhumé le lendemain après-midi au cimetière de Sebbala (Draria) sur les hauteurs d'Alger, en présence des membres de sa famille, ses amis et compagnons, ainsi que d'une foule nombreuse de citoyens. Son nom restera associé au développement dans l'Algérie indépendante d'une presse de qualité en langue arabe. L'arabisation de l'information et de sa transmission constituait pour lui un enjeu vital pour la nation.

Mohamed Bouarroudj est né le 8 octobre 1935 à Mila, à mi-chemin entre Jilel et Constantine. De 1950 à 1954, il effectue ses études à l’Institut Benbadis de Constantine. Après le déclenchement de la révolution de Novembe, on le retrouve à Lattaquié, en Syrie, où il obtient son baccalauréat en 1957. Il poursuit son parcours à ’Université de Damas, où il obtient une licence en droit en 1961. L'année suivante, il est en Iraq, au sein de Faculté militaire de Baghdâd pour une formation qui durera une année. Il avait commencé une activité journalistique militante en 1959 lorsqu'il étudiait à la Faculté de droit de Damas. Cette activité était menée en lien avec Mohamed Mehri, Belkacem Khammar et El Hachemi Kaddouri qui formait ensemble un groupe d’étudiants algériens chargé par la direction du Front de Libération Nationale d’animer une émission radiophonique à caractère politique destinée au Maghreb. Ces années passées dans ces pays du Machreq, à une époque où le nationalisme arabe était en plein essor, influenceront grandement Mohamed Bouarroudj et sa vision du monde.

En 1962, il regagne le pays et fait partie du premier groupe de journalistes à l'origine du quotidien de langue Echaab, à partir de décembre de cette même année. Ce noyau comprend Mohand Oubélaid Saïd (secrétaire général de rédaction qui venait du Ministère des Affaires étrangères) Ahmed Ghazali, (qui deviendra plus tard wali et ministre de l’Habitat), Abderrezak Guessoum (futur président de l’Association des Oulémas Musulmans d’Algérie), Larbi Zoubeiri (futur président de l’Union des Écrivains et des Journalistes Algériens), Brahim Azzouz (maquettiste du journal et futur animateur de l’émission météo à la télévision), l'écrivain tunisien Tayeb Cherif, et Zineb Tébessi, l’épouse de Mohamed El Mili, le directeur général du journal. Mohamed Bouarroudj sera le rédacteur en chef. En 1967, il quitte cette fonction pour un autre média, la radio nationale.

Mais, à la fin de 1980, Abdelhamid Mehri, qui était alors ministre de l’Information, lui demande revenir au quotidien Echaab. Il sera nommé directeur général. Abdelhamid Mehri voulait en effet redynamiser ce grand journal. Mohamed Bouarroudj tentera de moderniser le quotidien (en trouvant de nouveaux bureaux). Mais, pour diverses raisons (bureaucratiques ? politiques ? régionalistes ? corporatistes?), la nouvelle imprimerie offset qu'il avait demandé est demeurée bloquée au port ! Il restera à ce poste jusqu'en 1984. Foncièrement démocrate et nationaliste arabo-musulman dans ses convictions, il rejoint, après 1988, Ahmed Ben Bella et son journal El Badil (qui était l'organe de presse du Mouvement pour la Démocratie en Algérie). Il a également occupé plusieurs postes de responsabilité au sein du ministère de la Communication, et en 1992, il fut nommé membre de l’Observatoire national des droits de l’homme.

Sa foi et son intelligence spirituelle s'exprimeront dans un livre en langue arabe At-Tafsir al jami’ al mukhtasar, une exégèse du Coran (publié aux éditions Dar el Mizane).

Que Dieu l'accueille dans Son vaste Paradis.