Badji Mokhtar

Issu d’une famille modeste dont le père était fonctionnaire au tribunal d’Annaba puis à Souk-Ahras, né le 17 avril 1919 à Annaba, il fit ses études primaires à l’école «indigène» à Souk-Ahras. En 1934, il obtient le certificat d’études et, en 1936, il entre au lycée de Souk- Ahras, mais le quitte aussitôt, à cause du racisme et du mépris manifesté par les colons envers les Algériens. Membre d’une association sportive qui était en fait une organisation paramilitaire qui dispensait des entraînements dans différentes disciplines, il poursuivit ses études par correspondance jusqu’à ce qu’il fut appelé pour le service militaire. Mais il réussit à en échapper après avoir observé une grève de la faim de plusieurs jours. Au début des années quarante, il adhéra au mouvement des Scouts musulmans algériens (SMA), dont il sera responsable d’une section pendant sept années consécutives. Ayant adhéré au PPA dès 1943, qui deviendra Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques (MTLD), il est également membre de l’OS (Organisation spéciale). Après la découverte, par les autorités françaises de l’activisme de cette organisation, ses membres sont pourchassés, et c’est ainsi qu’il sera arrêté le 27 avril 1950. Condamné à cinq années de prison, Badji Mokhtar fut cependant libéré trois années plus tard de la maison d’arrêt de Chlef, le 2 avril 1953. Dès son retour à Souk-Ahras, il se replongera dans ses activités de sensibilisation et de préparation militaire au niveau des zones qui étaient sous sa responsabilité (El- Ouenza, Oued Kebrit, M’daourouche, Annaba, Aïn Tahmamine et Bouchegouf). Avant le déclenchement de la Révolution du 1er Novembre 1954, et à son retour de la réunion des 22, Badji Mokhtar était retourné à Souk-Ahras pour entamer l’entraînement des militants et rassembler les armes auprès des populations de la région. Un jour (30 octobre 1954), il prit la direction d’Annaba en vue d’obtenir une carte du tracé de la ligne de chemin de fer qui devait faire l’objet de sabotage le jour J. En chemin, il a été arrêté, mais il réussit à s’échapper et prit part, en tant que responsable de la région de Souk-Ahras, aux opérations marquant le déclenchement de la Révolution. Lors d’une opération de ratissage menée par des militaires français dans la commune de M’djaz Essafa, près de Guelma, un groupe de moudjahidine, conduit par Badji Mokhtar, se trouvant encerclé, a engagé l’accrochage avec l’ennemi dans la forêt de Beni Salah. C’est là que le héros Badji Mokhtar est tombé au champ d’honneur, le 19 novembre 1954.

(Source : El Djeich, novembre 2012)