Mustapha_Ben_boulaid

Né le 5 février 1917 à Aïn Rekeb, près d’Arris, dans les Aurès, au sein d’une famille de petits propriétaires fonciers et de petits commerçants, il succède à son père en tant que meunier en 1937. Il émigre ensuite en France où il devient militant syndicaliste dans les milieux ouvriers algériens. Au déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, il est mobiliséen 1939 puis démobilisé en 1942 après avoir été blessé. De retour au pays, il est de nouveau mobilisé en 1943-1944 à Khenchela, puis rendu à la vie civile à la fin de la guerre, avec le grade d’adjudant. Par la suite, il obtientune licence pour exploiter une ligne de transport de voyageurs entre Arris et Batna, et fait la connaissance de nouveaux militants de la cause nationale. Il adhère au PPA/MTLD en 1946 et se présente, le 4 avril 1948, aux élections à l’Assemblée algérienne et est élu triomphalementavec 10 000 voix, mais l’administration coloniale a annulé les résultats du vote et désigné un autre candidat à sa place proche d’elle. Mustapha Ben Boulaïd devient un des principaux responsables de l’OS dans les Aurès et oeuvre à la collecte et au stockage des armes en prévision de la Révolution. Membre du comité central du MTLD en 1953, il tente vainement d’aplanir les divergences entre la direction du parti, fidèle à Messali Hadj et le comité central, afin de replacer le MTLD sur la voie de la lutte armée. Il sera ensuite un des membres fondateurs du Crua, participe à la réunion des “22”, dont il présidera les travaux et est désigné membre du groupe des “six” qui préparera dans les détails le déclenchement de la Révolution, le 1er novembre 1954, et sera à la tête de la Zone 1 (Wilaya I) qui englobe la région des Aurès. Le 24 novembre 1955, il entreprend à pied un long voyage qui devait le menerà Tripoli (Libye) pour acquérir des armes, mais, en chemin, il est arrêté le 25 février 1955 aux frontières tuniso-libyennes. Jugé le 22 juin 1955, il est condamné à mort, mais réussira à s’évadé avec dix de ses compagnons, dont Tahar Z’biri et Mohamed Laiffa, le 14 novembre 1955, de la prison du Coudiat (Constantine). Il reprend le commandement de la zone des Aurès, et tombera au champ d’honneur le 23 mars 1956, à la veille de la tenue de la réunion d’évaluation de l’action révolutionnaire dans la région, victime d’un émetteur-récepteur piégé parachuté par le 2e Bureau français (services spéciaux).

 

(Source : El Djeich, novembre 2012)