Empire_neo_babylonien

Voici une nouvelle série de 04 ouvrages sur l'histoire de la civilisation arabo-sémitique ancienne. Les résumés de ces livres ne sont pas de moi, mais des éditeurs ou de sites spécialisés. Et je me porte garant de la qualité des livres !

 

4) La pénétration des Arabes en Syrie avant l'Islam, de René Dussaud (1955)

Il est apparu que le grand réservoir humain qu’a été l’Arabie, bien protégée par son climat contre les intrusions étrangères, a fourni de tout temps un apport notable à ce qu’on a appelé le Croissant fertile, et cela en vertu de la transhumance obligée qui a entraîné une compénétration constante de populations diverses. En se sédentarisant, à l’occasion, et grâce à un apport lent, mais constant, l’élément sémitique a pris le dessus et, dans son adaptation à cette vie nouvelle, il a fait dominer ses particularités. Dans le présent ouvrage, René Dussaud a choisi d’étudier ce phénomène historique en se concentrant sur les terres qui constituent aujourd’hui la Syrie et en abordant tour à tour les différents groupes ethniques sémitiques qui ont dominé la région durant l’Antiquité : Nabatéens, Palmyréniens, Liḥyanites, Thamoudéens, Safaïtes, Hébreux-Israélites, Araméens, Cananéens. Placés au nœud de plusieurs continents, ces peuples se sont signalés par une intense activité commerciale, mais aussi par une organisation sociale et religieuse très forte qui, en se développant et en s’universalisant, a abouti aux trois grandes religions monothéistes qui couvrent le monde.

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5) Peuples de l'Orient ancien, tome 1 - Jean-Louis Huot (2004)

Une lecture de l'Orient ancien d'après la documentation archéologique de 10 000 avant notre ère à la mort d'Alexandre, entreprise sur une immense zone géographique, d'Istanbul aux rives de l'Indus et du Caucase au Golfe jusqu'à la frontière de l'Egypte. Sur les terres d'Orient, l'humanité a parcouru un long chemin. Elle a essayé toutes les formules, du village à la ville, de la cité-Etat à l'Etat territorial, des Etats nationaux à l'Empire universel. Les populations d'Orient se sédentarisèrent progressivement, maîtrisèrent les plantes et les animaux, puis les techniques d'irrigation, la métallurgie, l'art de construire. Certaines sociétés s'organisèrent peu à peu selon un système de chefferies, d'abord assez simples puis de plus en plus complexes, en un tissu serré de relations sociales garantes de leur survie. A la fin du IVe millénaire, des villes virent le jour. Certaines régions accédèrent à un mode de vie urbain qui allait marquer le monde. Au sein de ces villes se constituèrent des entités politiques d'abord centrées sur un petit territoire. Assez brutalement, durant le troisième quart du IIIe millénaire, un système nouveau fit son apparition, celui de l'Etat territorial, qui cessa d'être fondé sur une ethnie ou un système de parenté et de redistribution, pour se structurer autour d'un chef politique, d'un pouvoir centralisé et d'une bureaucratie. Depuis le XIX siècle, les archéologues de tous les pays du monde creusent la terre et le sable dans des paysages variés, des déserts, des montagnes, des plateaux et des rivages maritimes, et mettent au jour de nombreuses civilisations, des plus modestes aux plus célèbres.

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6) Peuples de l'Orient ancien, tome 2, Jean-Louis Huot (2004)

L'Orient ancien fut le théâtre d'une grande part de l'histoire de l'humanité. Y furent inventés l'agriculture, le village, l'écriture, la ville, la cité-Etat, les gouvernements nationaux et les Empires. Si d'autres parties du monde connurent aussi certaines de ces innovations, nulle part ailleurs l'histoire n'en est aussi bien assurée. Au début du IIe millénaire, l'Orient ancien était une mosaïque de royaumes plus ou moins concurrents. Après une crise générale, résultant sans doute d'un dérèglement interne de systèmes centrés sur des cours royales, l'Orient vit naître, sur une assez vaste échelle, des Etats nationaux, voire théocratiques. Les plus forts assimilèrent les plus faibles. Ces dernières transformations aboutirent â des rassemblement gigantesques qui se heurtèrent à l'hellénisation, soutenue par le génie d'Alexandre. Mais ce héros ne fut-il pas, pour certains, le dernier Achéménide ? Avec l'épopée d'Alexandre, une autre histoire se noue. L'Orient ancien a été le lieu des prémices. Il appartiendra â la Grèce, au monde iranien, au monothéisme juif, de prendre le relais. L'hellénisation et l'iranisation ont introduit des coupures radicales, encore perceptibles dans l'Orient de nos jours, comme le christianisme allait transformer l'Occident.

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7) Les Araméens et les premiers Arabes, de Françoise Briquel-Chatonnet (2005)

Les Araméens et les premiers Arabes de F. Briquel Chatonnet propose une esquisse de l’histoire de ces populations du Proche Orient ancien à partir du 1er millénaire av. J.C. jusqu’au tournant de notre ère. L’utilisation partagé de la langue araméenne a été un facteur d’intégration.
« Marianne.Bertrand » <mari.bertrand@wanadoo.fr> Agrégée d’histoire géographie, Lycée A. Malraux à Allonnes, membre du GdR 2320 du CNRS : « La Bible et ses lectures »
Françoise Briquel Chatonnet, Les Araméens et les premiers Arabes, Encyclopédie de la Méditerranée, Edisud, Aix-en-Provence, 2004, 76 pages. Compte-rendu réalisé par Marianne Bertrand, Lycée A. Malraux, Allonnes.

Françoise Briquel Chatonnet est docteur en histoire et directrice de recherches au CNRS. Cette spécialiste des peuples sémitiques anciens nous offre une petite synthèse agréable à parcourir sur les populations araméennes et arabes du Proche-Orient ancien, deux cultures qui ont marqué profondément cet espace.

Un premier chapitre explique l’apparition puis la disparition entre le Xème et le VIIIème siècle de petits royaumes araméens, sans que justement leur disparition en tant qu’Etat équivaille pour autant à la celle de leur culture. Bien au contraire, le système de déportation des peuples vaincus mis au point par les conquérants assyriens à cette époque facilite le brassage ethnique et marque le début de l’aramaïsation du Proche-Orient. La langue araméenne investit peu à peu l’espace, de la Syrie à la Mésopotamie.

Le chapitre suivant évoque la présence arabe mentionnée pour la première fois par les annales assyriennes au début du 1er millénaire. Les Arabes sont plutôt distingués par leur genre de vie -nomade- que par leur langue. Les rois assyriens se sont intéressés de près au riche commerce caravanier des Arabes et ont cherché à en profiter par l’imposition d’un tribut, ce faisant, ils les ont intégrés à l’empire.

De fait, Assyriens, Babyloniens, Perses, maîtres successifs de l’espace entre Mésopotamie et Egypte ont impulsé une dynamique d’unification à la fois politique et culturelle et celle-ci passe notamment par l’utilisation de l’araméen qui acquiert le statut de langue officielle avec l’Empire achéménide (fin du VIème siècle). En témoignent l’épigraphie d’Anatolie, les inscriptions des stèles funéraires, papyrus et ostraca d’Egypte, les aramaïsmes dans certains textes bibliques, les inscriptions funéraires et religieuses d’Arabie et les documents découverts à Bactriane aux confins orientaux de l’Empire.

Une rupture survient avec l’hellénisation du Proche Orient au IIIème siècle et le choix du grec comme langue officielle. Pourtant l’araméen survit, langue désormais provinciale, elle demeure un marqueur identitaire de petits groupes sémitiques surtout à partir des revers politiques des Lagides et Séleucides. Ces groupes sémitiques n’ont pas tous connu la même évolution et leur pratique de l’araméen diverge de plus en plus jusqu’à les différencier les uns des autres : populations arabiques de Safa dans le sud syrien, Nabatéens d’origine arabe aussi du sud palestinien et de Transjordanie, Ituréens au Liban et Anti-Liban, et Eméséniens de Syrie. Pour chacun de ces groupes se pose la question de la part des langues araméenne et arabe dans leur culture sans qu’on puisse y répondre avec certitude. Ainsi à Palmyre au 1er siècle ap. J.C., la mixité s’affiche aussi bien dans l’onomastique que dans la religion où l’on vénère à la fois les baals araméens et la déesse Allat du panthéon arabe.

La cohabitation de l’arabe et l’araméen perdure jusqu’à la conquête islamique où l’usage de l’araméen ne se maintient alors que chez les chrétiens.

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