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Voici, encore une fois, 03 références de livres qui sont des incontournables de la connaissance de la profondeur civilisationnelle de la Nation Arabe. 

 

8) Gilgamesh : La quête de l'immortalité, de Stephen Mitchell, Synchronique Editions (2013)

La première grande oeuvre littéraire de l´humanité, et un mythe fondateur des civilisations occidentales, dans une traduction versifiée qui se lit comme un roman.

Stephen Mitchell restitue le souffle épique et la profondeur philosophique du plus ancien récit du Déluge, dans une langue à la fois puissante et envoûtante.

« La civilisation occidentale naquit dans ce pays entre le Tigre et l´Euphrate, où Hammourabi créa son Code et où Gilgamesh fut écrit – la plus vieille histoire du monde, précédant d´un millénaire l´Iliade ou la Bible.

Son héros fut un roi historique qui régna sur la cité mésopotamienne d´Uruk aux environs de 2750 av. J.-C. Dans cette épopée, il possède un ami intime, Enkidu, un homme sauvage et nu qui a été civilisé par les arcanes érotiques d´une prêtresse. A ses côtés, Gilgamesh affronte des monstres, et lorsqu´Enkidu meurt, il est inconsolable. Il entreprend un voyage désespéré afin de rencontrer le seul homme qui puisse lui dire comment échapper à la mort. » (S. Mitchell).

Stephen Mitchell ressuscite la première grande œuvre littéraire de nos plus lointains ancêtres dans une version poétique et envoûtante. Au-delà de la l´affliction que ressent Gilgamesh et de sa recherche effrénée de l´immortalité lors de la perte brutale de son ami et compagnon, le lecteur contemporain ne peut qu´être ému de constater que, transposés dans les paysages monumentaux et exotiques de la Mésopotamie ancienne, ce sont bien les mêmes peurs, les mêmes désirs et les mêmes sentiments qui animaient les hommes il y a quatre mille ans. Le lecteur découvre au fil des pages le premier récit du Déluge, et nombre d´autres épisodes apparaissant dans les textes sacrés des millénaires suivants. Derrière la figure de Gilgamesh se profile celle des grands héros de l´Antiquité gréco-latine.

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9) La Geste hilalienne. Version de Bou Thadi (Tunisie). Récitation de Mohammed Hsini, Gallimard (1985)

Par une chance exceptionnelle, la récitation d'un des derniers «aèdes» a pu être recueillie. Un berger illettré du Sud tunisien conte une suite de migrations épiques des tribus hilaliennes du Nadj (Arabie Saoudite) qui vinrent peupler le Maghreb et poussèrent jusqu'en Andalousie. Les poèmes qui chantent cet événement étaient jusqu'ici connus grâce à la transmission orale et à la publication de larges fragments. La version apportée par Lucienne Saada fournit une sorte de totalité – une «Geste officielle», précise le récitant qui a pourtant une idée exacte de la géographie des différentes versions de ce conte, chacune marquée par une odeur et une saveur de terroir. 
À travers un texte fondateur de culture, l'identité hilalienne scellée dans sa langue et sa poésie éclaire l'Histoire, une histoire de vies déjà révisée par le sociologue du Moyen Âge, Ibn Khaldoun. 
En outre, comme l'écrit Jean Grosjean dans sa préface, «la Geste hilalienne a le mérite de nous ramener vers la source épique. Elle sait équilibrer l'alternance vitale de deux sortes de mouvements : le déroulement des faits dans la durée et les exaltations du cœur dans les crises. Ce qui sera dissocié d'une part en légendes, en histoires, en romans et d'autre part en élégies, en tragédies, en poèmes, se trouve ici lié organiquement... 
Il y a à nos portes des peuples que nous croyons connaître. Ils ont vu naître les cités ; ils en savent le remède. Ils réveillent sous nos habitudes cette mobilité de l'âme qui a fait dire que le fils d'homme n'a pas où reposer la tête.»

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10) Lire et écrire à Babylone, de Dominique Charpin, Presses Universitaires de France (2008)

Vers 3200 avant notre ère, l'histoire de l'humanité connut un tournant radical : l'écriture fut inventée à Sumer. Pendant plus de trois mille ans, la civilisation mésopotamienne fit un usage intensif du cunéiforme, dont témoignent les centaines de milliers de tablettes d'argile découvertes à ce jour ; elles renseignent sur toute la société, des rois jusqu'aux esclaves. Qui était alors capable de lire et d'écrire ? Pas uniquement des scribes professionnels : la connaissance de l'écriture était aussi le fait des élites. On a découvert des archives non seulement dans des temples ou des palais, mais aussi chez de nombreux particuliers, qui gardaient à domicile leurs " papiers de famille ". Les bibliothèques (ainsi celle d'Assurbanipal, à Ninive) n'étaient pas tant destinées à conserver le savoir de l'époque qu'à fournir des instruments de référence aux différents spécialistes de la religion (devins, exorcistes, chantres). L'écrit servait également à communiquer avec l'au-delà : des messages adressés aux dieux et à la postérité étaient enfouis par les rois dans les fondations des bâtiments qu'ils édifiaient... L'auteur restitue ces différents usages (également marchands et diplomatiques) de façon aussi précise qu'éclairante.

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