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في سبيل العروبة الحضارية - Sur le chemin de l'arabité civilisationnelle
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30 octobre 2022

Cheikh 'Iz ed-Din el-Qassam et la révolte palestinienne de 1936, selon Ghassan Kanafani (1972)

Ghassan Kanafani belle

Dans toute analyse de la révolte de 1936-39, on doit réserver une place particulière à Cheikh 'Iz ed-Din el-Qassam. Malgré tout ce qui a été écrit sur lui, ce n'est pas trop de dire que cette personnalité unique est restée méconnue, et le restera sans doute. Tout ce qui a été écrit sur lui l'a été de l'extérieur, et à cause de la superficialité de l'étude de sa personnalité, de nombreux historiens juifs n'ont pas hésité à le dépeindre comme un « derviche fanatique », alors que les historiens occidentaux ont, eux, choisi de l'ignorer. En fait, il est clair que c'est l'incapacité de comprendre le lien dialectique entre la religion et les tendances nationalistes qui est responsable de la minimisation de l'importance du mouvement qassamiste.

Quoiqu'il en soit de la vision qu'on ait d'al-Qassam, il ne fait aucun doute que son mouvement (12-19 novembre 1935) a représenté un tournant dans la lutte nationaliste et joué un rôle important dans l'adoption d'une forme plus avancée de lutte, en contradiction avec la direction traditionnelle divisée et éclatée face à la lutte en expansion. La personnalité d'al-Qassam, en elle-même, constitue probablement un point de rencontre symbolique de cette masse de facteurs liés qui ont commencé à être appelés « problème palestinien ». Le fait qu'il soit « syrien » (né à Jabala dans la périphérie de Lattakia) illustre le facteur nationaliste arabe de la lutte. Le fait qu'il soit « azhariste » (il étudia à Al-Azhar) illustre le facteur nationaliste-religieux représenté par El-Azhar au début du siècle. Le fait qu'il se soit engagé dans une lutte nationale (il prit part à la lutte contre les Français en Syrie à Jabal Horan en 1919-20 et fut condamné à mort) illustre l'unité de la lutte arabe. El-Qassam arriva à Haïfa en 1921, accompagné de l'égyptien Sheikh Muammad al-Hanafi et de Sheikh Ali al-Hajj Abid, et commença aussitôt à constituer des groupes clandestins.

 Ce qui est remarquable chez al-Qassam c'est son intelligence organisationnelle avancée et sa patience forte comme l'acier. En 1929, il refusa d'être poussé à annoncer qu'il avait pris les armes, et malgré le fait que son refus conduisit à une scission, il réussit à refaire l'unité et à garder le secret. Selon un qassamiste bien connu, el-Qassam avait prévu sa révolte en trois étapes, préparation psychologique et diffusion du discours révolutionnaire, formation de groupes clandestins, formation de comités chargés de collecter des fonds et de procurer des armes, de comités pour l'entraînement, la sécurité, l'espionnage, la propagande, l'information et l'établissement de contacts politiques, et enfin le déclenchement de la révolte. Ceux qui ont connu al-Qassam disent que lorsqu'il fit irruption avec 25 de ses hommes dans les collines de Ya'bad dans la nuit du 12 novembre 1935, il n'avait pas pour objectif de proclamer la lutte armée mais de diffuser l'appel à la révolte. Un affrontement accidentel l'avait conduit là et malgré une résistance héroïque, lui et ses hommes furent écrasés facilement par une unité britannique. On dit que lorsqu'il réalisa qu'il ne pourrait pas étendre la révolte avec ses camarades, il aurait déclaré son fameux slogan : « Mourrez en martyrs ».

Nous devons comprendre ce slogan dans le sens « guévariste », si nous pouvons utiliser cette expression, et à un niveau national ordinaire, la conduite d'el-Qassam nous montre qu'il était conscient de l'importance de son rôle comme initiateur d'un foyer révolutionnaire avancé. Ce slogan porta rapidement ses fruits. Les masses suivirent à pied, sur dix kilomètres jusqu'au village de Yajur, son corps martyr. Mais la chose la plus importante qui arriva fut de démasquer la direction traditionnelle face au nouveau défi que représentait Sheikh al-Qassam. Cette direction, comme le Mandat britannique, était consciente du défi. Selon un qassamiste , quelques mois avant qu'al-Qassam se rende dans les collines, ce dernier envoya à Hajj el-Amin el-Hussaini par l'intermédiaire de cheikh Musa el-Azrawi, la demande de 21 déclaration de révoltes coordonnées à travers le pays. Hussaini refusa au prétexte que les conditions n'étaient pas réunies .

Quand el-Qassam fut tué, ses funérailles ne furent suivies que par des pauvres gens.

 

Izz al-Din al-Qassam1

 

Texte publié pour la première fois sous le titre « Thawrat 1936-1939 fi Filastin » dans Chou'un filastiniyyah (Affaires Palestiniennes), nº 6, janvier 1972.

 Traduction de la version anglaise: « The 1936-1939 Revolt in Palestine », Committee for Democratic Palestine, New York, 1972. Nous remercions la "Fondation Culturelle Ghassan Kanafani (FCGK)" d'avoir rendu ce texte disponible en français.
(http://fcgk44.free.fr/pages/fcgk.htm)

https://www.marxists.org/francais/general/kanafani/works/1972/revolte.htm

 

 

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Ce site, animé par le Collectif Algérie-Machreq, est consacré à la mémoire historique de la Nation arabo-musulmane, à l'intellectualité, la spiritualité, la culture, l'expérience révolutionnaire des peuples arabes. La Palestine sera à l'honneur. 


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