20 décembre 2021
La Voie poétique révolutionnaire, par Kamel Nasser
Pour certains, et même pour beaucoup, le goût pour la poésie est un luxe de riche ou, en tout cas, de personnes bien installées, matériellement parlant, de personnes qui ne vivent pas en situation de précarité, qui ne comptent pas leurs dépenses en faisant les courses. Pour reprendre le vocabulaire de certaines gauchistes qui ont mal assimilé les subtilités du marxisme, avec la poésie je serais au niveau de la superstructure, et j’occulterais l’essentiel, l’infrastructure socio-économique.
Il y a là une terrible méprise à propos de la poésie.
La fonction poétique ne renvoie pas d’abord à une activité spécifique et déterminée (comme celle de l’écrivain qui écrit sur son carnet des vers et des rimes). Elle est d’abord une attitude.
Être poète ce n’est pas écrire des vers, c’est insuffler dans ses relations sociales, dans son rapport au monde, dans son lien à la nature des dimensions esthétiques, spirituelles, symboliques. C’est comprendre cette parole mohammadienne : Dieu est beau et il aime la beauté ! Ce hadith est la maxime de la conscience poétique arabe ! Être poète, dans le contexte de l’arabité, c’est précisément embellir notre quotidien, mettre de la beauté dans nos relations avec l’autre. Ce n’est pas avoir un smartphone, c’est offrir un sourire. Ce n’est pas cracher sur le sol, c’est avoir une parole de tendresse pour les plus faibles. La poésie est une manière d’habiter la terre...
عَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ مَسْعُودٍ عَنْ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ
لا يَدْخُلُ الْجَنَّةَ مَنْ كَانَ فِي قَلْبِهِ مِثْقَالُ ذَرَّةٍ مِنْ كِبْرٍ
قَالَ رَجُلٌ إِنَّ الرَّجُلَ يُحِبُّ أَنْ يَكُونَ ثَوْبُهُ حَسَنًا وَنَعْلُهُ حَسَنَةً
قَالَ إِنَّ اللَّهَ جَمِيلٌ يُحِبُّ الْجَمَالَ
الْكِبْرُ بَطَرُ الْحَقِّ وَغَمْطُ النَّاسِ
مسلم في صحيحه
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