Mahdi Amel SS

L'un des mensonges du franco-berberisme est de croire et de dire que l'arabisation du système scolaire et universitaire aurait été orchestrée, dès l'indépendance acquise en 1962, par des nationalistes arabes intolérants qui auraient fait appel à de prétendus « instituteurs égyptiens intégristes » ou encore par des bédouins du désert. En réalité, le système scolaire et universitaire a bénéficié de la contribution de milliers d'enseignants originaires de l'ensemble de la Nation arabe. Je ne voudrais ici évoquer qu'un seul, Hassan Hamdan, plus connu sous le nom de Mahdi 'Amel. Il fut l'un des plus talentueux philosophe marxiste arabe et international. Né en 1936 au Liban, dans une famille chiite originaire du Sud-Liban, il deviendra l'un des dirigeants de la gauche patriotique libanais, membre du Comité central du Parti Communiste Libanais. Une partie de son œuvre visait à déconstruire l'idéologie confessionnaliste libanaise du « maronitisme » politique (l’équivalent du berbérisme dans ce pays). Il sera assassiné en 1987 à Beyrouth par des intégristes « religieux ». Il militait pour une démocratie réelle, pluraliste, mais surtout doublement orientée : la libérationnationale et la libération sociale. Il a fait ses études de philosophie à l'université de Lyon dans les années 1950. Il participa à la formation d'un groupe clandestin de communistes arabes anticolonialistes. En 1963, il se lança dans l'enseignement dans la jeune Algérie de l'indépendance à l'Ecole normale de Constantine. Parmi ses jeunes élèves, Ali El Kenz, qui deviendra l'un des piliers des sciences sociales algériennes et arabes. Il restera quatre ans en Algérie. Il écrivait aussi dans le journal du Front de Libération Nationale, Révolution africaine, en particulier sur Frantz Fanon. Un autre grand intellectuel, l'écrivain égyptien Mahmoud Amin al-'Alem disaitde Mahdi 'Amel qu'il était « le seul penseur arabe qui ait tenté de produire une théorie scientifique globale de la révolution arabe et même de la révolution dans les pays sous-développés en général » (Colloque du Caire – 1988).