Histoire, Culture et Révolution de l'Algérie Arabo-Musulmane

22 mai 2018

Une belle chanson du groupe marocain Essiham, sur la Palestine : Nafdik ya chahid (نـفْـدِيـكَ يا شَهِــيـد )

مـجْموعَة السِّهَـام ____ نـفْـدِيـكَ يا شَهِــيـد

Une belle chanson révolutionnaire arabe. Elle donne de l'entrain, de l'élan à l'âme endormie. Elle désigne la ligne juste, celle des martyrs de la terre sainte occupée. Nafdik ya chahid (نـفْـدِيـكَ يا شَهِــيـد ) par le groupe marocain Essiham. La Palestine, comme jonction des peuples du Maghreb arabe.

بالروح بالدم نفْدِيـكَ يا شَـهِيد
على جنب الحيط وجهو*** شاحب دمعو ساكب
مــدرڭ ولـيــدو***من رصـاص الهمجيـة
من الخليج للمحيـط*** شعب غاضب عازم وراغب
يــمــحــي آثـــار*** اقـدام الصهيونيـة
القدس تبقى عربية*** وتسقـط الصهيونيـة
حنايا طوفان على العنصرية*** أبطال شجعان أمنا عربية بالروح بالدم نفْدِيكَ يا شَهِيد
جاوبونا يا كبار العالم***جاوبونا ولا تقاضى الكـلام
كنس الصهيون دنّس كل مكان
كنس الصهيون يقتل فالصبيان
هما اللِّي خطو لصبرا***و خطو لشاتيـلا
قتلو محمد الـدرة***تعلمو فشعبنا القتيلة
فينا تفجر الغضب***إسلام و عرب غضب
غضب***غضب***غضب***يا عـرب
ما بغينا مفاوضـات***ما بغينا لقـاأت
ما بغينا مساومـات***واللّي يكون يكـون
لا هدرة اليوم بقـات***مع بني صهيـون
انتفاضة ولدت انتفاضات***والقضية عاد بدات
ما زال العربية تولد***ما زال تزرع و تحصد و الـدُرّة يـنـبـت حـبـات


21 mai 2018

Se souvenir la mémoire hannibalienne du Maghreb arabe, par Mohammed Futuwwa

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Les nationalistes algériens de sensibilité arabo-musulmane, fiers de leur histoire, n'ont jamais oublié la Longue mémoire de la Patrie. Contrairement à ce que prétendent les menteurs franco-berbéristes, les nationalistes-révolutionnaires n'ont jamais occulté la profondeur antique de l'histoire. Au contraire, à de nombreuses reprises, ils célébrèrent cette grandeur passée. Un exemple parmi cent : « Hannibal », la pièce de théâtre jouée à l'opéra d'Alger en 1948, et qui retrace l'épopée et la fin du grand héros de Carthage, par Toufik el Madani ! Notre historien islahiste se revendiquait de cette mémoire punique anti-impérialiste, anti-romaine...

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L'Honneur arabe de l'Algérie médiévale : les Aghlabides (بنو الأغلب), par Mohammed Futuwwa

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Je ne suis pas un historien de l'Algérie médiévale, mais la connaissance de l'histoire de la patrie m’apparaît comme un enjeu à la fois culturel et politique. Cette connaissance est culturelle car elle met à jour la richesse de l'histoire nationale, la créativité des diverses dynasties qui portèrent et incarnèrent l'Algérie. Mais cette connaissance est aussi politique, et cela dans le contexte actuel de l'offensive idéologique des milieux franco-berbéristes contre la caractère arabe de l'Algérie, au profit d'une soit disant berbérité, au profit d'une « origine » amazigh artificielle.

Il va de soi qu'en tant que nationaliste algérien de sensibilité arabo-musulmane, je considère que l'histoire est faite ! C'est-à-dire qu'il ne s'agit pas de prendre parti pour telle ou telle dynastie. L'Algérie arabe d'aujourd'hui assume dans sa conscience l'ensemble des tribus, des dynasties, des villes et des villages.

Les Aghlabides, les Banu El Aghlab (بنو الأغلب).

Cette puissante dynastie, dont le centre politique était l'Ifriqiya (Tunisie), régna sur l'ensemble du Nord de l'Algérie (principalement Constantine, Bejaia et Annaba), à l'Ouest, et sur la Tripolitaine (Libye) à l'Est. Les émirs de Banu El Aghlab viennent de la grande tribu arabe des Banu Tamim. Avec les Aghlabides, l'Algérie s'inscrit dans le même courant historique de l' arabité et de l'islamité que celui qui porte les sociétés du Machreq.

Les Banu Tamim sont apparus au 1er siècle, avec le fondateur de la lignée, Tamīm ibn Murr. Dans leur généalogie, les hommes de la tribu se disent descendre d'Adnan et des prophètes Ismaël et Ibrahim. C'est principalement dans l'Arabie centrale, au Nedj, qu'ils vivaient, mais aussi en Iraq (Bassora et Diyala) et en Iran (dans les régions du Khouzestan et du Khorassan). Une partie du prestige des Banu Tamim viendrait d'un hadith du prophète Mohammed (que la Pais soit sur Lui) rapporté dans le Sahih al-Bukhari « Ne dites rien sur les Banu Tamim sauf de bonnes choses, car ce sont ceux qui combattront le plus rigoureusement le Dajjal, l'Antéchrist ».

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Tout commence avec le prestigieux, le sublime Calife abasside de Baghdad, Haroun ar-Rachid, nomme, en l'an 800, Ibrahim ibn al-Aghlab émir héréditaire de l'Ifriqiya, incluant le Nord de l'Algérie et la Libye. Il était le fils d'un officier arabe du Khorassan. Avec cette décision, le calife espérait ramener la stabilité au Mahreb, minée par une mauvaise gestion des affaires publiques et des révoles incessantes. L'ordre sera rétablit et les émirs aghlabides resteront de fidèles représentants de l'empire. Assez vite, ils fondent une nouvelle capitale, El Abbasiyya, à l'extérieur de Kairouan. Cela leur permettait de garder une certaine autonomie par rapport aux différents clans socio-politiques et religieux. Il faut noter que les Aghlabides n'étaient pas tendre à l'égard des tribus berbères qui refusaient de prêter allégeance à l'émir, au calife et à l'empire. Théologiquement, les Aglhabides appartenaient à l'école philosophique mu'tazilite. Le grand historien tunisien Mohamed Talbi dans son livre L'émirat aghlabide a consacré de belles pages à cette dimension spirituelle/intellectuelle de la dynastie.

Par ailleurs, les Aghlabides joueront un rôle majeure dans le processus d'arabisation du Maghreb, donnant des facilités aux immigrants arabes originaires du Machreq. Ils développent l'architecture militaire, en établissant de nouveaux ribats, pour défendre le territoire. Mais le génie militaire aghlabides s'est aussi manifesté par de nombreuses expansions de la Oumma et des victoires décisives en Méditerranée : la Sicile, la Sardaigne, Malte !

La dynastie des Aghlabides sera aux commandes de 800 à 909, et elle aura compté onze souverains, avant l'émergence d'une autre dynastie, celles des Fatimides

Le célèbre voyageur et historien arabe du 9ème siècle, Ahmad ibn Abu Ya'qub, connu sous le nom de al-Yaqubi, rapporte, dans son livre, Kitāb al-buldān (Livre des Pays), que les Banu Tamim, la tribu des Aghlabides, peuplent en partie la ville algérienne de Belezam. Belezma est un massif montagneux situé dans la Wilaya de Batna. Ce massif prolongerait celui des Aurès. D'ailleurs, il y avait à Belezma un très important jund, une communauté militaire arabe. Et son chef n'était autre, à la fin du 8ème siècle, que le futur émir et fondateur de la dynastie, Ibrâhîm ibn al-Aghlab, qui était sous-gouverneur du Zâb (Biskra ).

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La fierté arabo-yéménite de l'Algérie : les Banû al-Akhdari, par Mohammed Futuwwa

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Le Banû al-Akhdari (بنو الأخضري ) sont une tribu arabe originaire d'Arabie occidentale. Ils sont une la faction des Banû Quraysh, la tribu du Prophète Mohammed (que la paix soit sur lui).

Au moment de la naissance et dans le contexte de la conquête, les membres de la tribu migrèrent vers le Yémen et dans la région du Rub al-Khali et du Hadramaout. Mais ce n'était qu'une étape, car après le Yémen, les Banû al-Akhdari se rendirent au Maghreb, essentiellement en Algérie. Cette migration remonterait aux années 650. Les descendants de cette tribu arabe portent les noms de famille : Lakhdari , al-Akhdari et el-Akhdari.

Shaykh Sayyidi ʻAbd al-Raḥmān ibn Muḥammad al-Ṣaghīr ibn Muḥammad ibn Sayyidi ʿĀmir al-Akẖḍarī al-Bīsīkrī (سيدي عبد الرحمن بن محمد الصغير بن محمد بن سيدي عمرو الأخضري ), né en 1512 à Biskra et mort en 1575 dans cette même ville, était issu des Banû al-Akhḍari. Immense savant, ʿālim, il était juriste et théologien musulman Malékite, mathématicien-logicien, astronome et poète. Il a écrit le poème didactique Al-Sullam al-murawnaq fī'ilm al-manṭiq (« L'échelle ornementée dans la science de la logique »), de 144 lignes,où il explique que les principes de la logique aristotélicienne pourrait être utilisée pour soutenir la foi musulmane et le droit musulman.

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La solution à un Seul Etat, par Edward Saïd

edward said

 

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La grande marche du retour et la bataille médiatique, par Fadwa Nassar

marche du retour

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Gamal Abd el Nasser, héros de la Nation arabe, par Mohammed Futuwwa

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Gamal Abd el Nasser (1918-1970) incarna, les aspirations du Tiers Monde à la souveraineté face à la domination du système colonial occidental, singulièrement pour la Nation arabe et l’Afrique. Avec la révolution du 23 juillet 1952, Nasser fait sortir l’Égypte de la tutelle anglaise et met à bas la monarchie pro-occidentale de Farouk 1er. Nasser participe à la Conférence de Bandung (avril 1955) et dénonce, avec les présidents indien Nehru et indonésien Sukarno, l’injustice des rapports Nord-Sud et le colonialisme. Le 26 juillet 1956, dans un discours à Alexandrie, il annonce le projet de nationaliser le Canal de Suez. « La pauvreté n’est pas une honte, mais c’est l’exploitation des peuples qui l’est. Nous reprendrons tous nos droits, car tous ces fonds sont les nôtres, et ce canal est la propriété de l’Égypte ». Les réactions occidentales sont immédiates et les 29 octobre, 5 et 6 novembre 1956 Israéliens, Français et Anglais attaquent ce pays. L’Onu exige le retrait des troupes étrangères. Nasser soutiendra les luttes de libération nationale, notamment celle conduite par le FLN/ALN en Algérie. Malgré la défaite de 1967, quand l’État sioniste occupe le Sinaï et l’ensemble de la Palestine, Nasser restera dans la conscience des peuples Arabes et Africains un symbole. Nous devons reprendre l’épopée nassérienne comme fil conducteur du futur et montrer l’importance du nationalisme révolutionnaire dans la nation arabe, depuis la nahda (renaissance) du 19ème siècle jusqu’à nos jours..

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Document historique : Appel algérien à la résistance nationale arabe et islamique contre l'impérialisme (2005)

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Le 19 mars 2005, l’occasion de la tenue, à Alger, du Sommet des chefs d’Etat et de gouvernement, des intellectuels et militants, appartenant essentiellement aux courants nationalistes, islamistes et démocratiques - Ahmed Ben Bella, Ali Kafi, Mohamed-Salah Yahyaoui, Ahmed Mahsas, Abdelhamid Mehri, Mouloud Hamrouche, Ahmed-Taleb Ibrahimi, Lakhdar Bouragaâ, Rachid Benyellès, Ali Yahia Abdenour, Hocine Zahouane, Abderahmane Chibane, Abdallah Djaballah, Mohamed Saïd, Yazid Benaïcha, Nouria Hafsi, Mohamed Idar, Mohamed Korso, Athmane Saâdi, Khaled Bensmaïl, Nabil Yahyaoui, Abdelmadjid Menasra, Mohamed Felah, Ahmed Issad, Abdelkader Belahssène, Ahmed Dane, Ali Benmohamed, Tahar Benaïcha… - on rendu publics une Lettre dans laquelle ils rappellent un certains de principes du mouvement révolutionnaire arabe, en particulier à propos des questions relatives au « terrorisme », à l’Iraq, à la Palestine et au Liban.

Lettre à la conférence arabe au sommet

Majestés, Excellences chefs d’Etats et de gouvernements arabes Bienvenue à vous en terre d’Algérie dont le peuple a vu la nation arabe s’unir comme un seul homme pour le soutenir et l’appuyer dans sa lutte armée contre la colonisation française de peuplement.
L’indépendance de l’Algérie et la victoire de son combat glorieux ont été considérés par les Arabes comme un triomphe pour la nation arabe tout entière et comme une victoire indéniable pour toutes les causes de justice et de liberté dans le monde.

Vous vous réunissez sur cette terre à un moment où son peuple commémore le cinquantenaire de sa révolution victorieuse et où la Ligue arabe, qui a soutenu l’Algérie dans son combat libérateur, fête le 60e anniversaire de sa création.

La concomitance de ces deux événements nous amène à vous exprimer en toute franchise notre avis sur un certain nombre de questions soumises à votre respectable réunion. Un avis qui se fonde sur une vision critique et consciente de ce qui a été vécu par nos peuples en événements et expériences, ainsi que sur une appréhension consciente et réaliste des défis qui se dessinent à l’horizon.

La question du terrorisme
Certaines mains que vous serrerez aujourd’hui en Algérie sont celles de moudjahidine et de militants qui étaient désignés - durant notre révolution armée - comme des terroristes, et qui relèveraient aussi des critères du terrorisme tels qu’adoptés aujourd’hui par les Etats-Unis.

Critères qu’ils veulent imposer à l’ensemble du monde dont nous faisons partie et dont nous sommes même la partie la plus ciblée. Nous attendons de vous un rejet franc de l’amalgame délibérément entretenu entre la lutte de libération et les autres formes de violence qui sont inacceptables.

Nous souhaiterions que les décisions des dirigeants arabes n’amènent pas, ni explicitement ni implicitement, à culpabiliser ceux qui sont aujourd’hui dans la position où étaient les moudjahidine algériens hier. Il n’est pas difficile de reconnaître les moudjahidine d’aujourd’hui en revenant simplement à l’essence des causes qui les poussent à sacrifier leur vie pour elles.

Les Etats occidentaux instrumentent la lutte contre le terrorisme pour couvrir différents objectifs en faisant une lecture religieuse de l’ensemble des phénomènes de violence qui les ciblent dans le monde arabe et islamique. Cette lecture est utilisée pour caresser dans le sens du poil les jugements préconçus latents dans les sociétés occidentales à l’égard de l’islam et des musulmans, et pour occulter en même temps les fautes et les injustices des politiques occidentales à l’égard de nombreuses causes qui intéressent la nation arabe et le monde musulman.

Ces injustices sont le moteur fondamental de la violence et de son extension dans les relations internationales. Se contenter, en guise de réponse à cette campagne, de dénoncer l’extrémisme - qui est présent chez les adeptes de toutes les religions - ou s’évertuer à expliquer la nature tolérante de la religion musulmane, sans mettre directement en cause la responsabilité des politiques occidentales et celle des Etats-Unis en particulier dans l’extension de la violence, constitue une dérobade à l’impératif de poser le problème dans toutes ses dimensions.

Ce serait également faire preuve de connivence avec les courants extrémistes qui dominent aujourd’hui la politique extérieure américaine, et qui entendent imposer leur vision au reste du monde. En s’abstenant de s’opposer fermement aux fautes des politiques occidentales et à leurs injustices dans la nation arabe et le monde islamique, les Etats arabes cultivent chez de nombreuses couches des sociétés musulmanes l’idée que le recours à la violence est devenu l’unique voie pour remédier au renoncement et à l’abandon des causes justes par les gouvernants.

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La question palestinienne
La scène arabe n’a jamais manqué, un seul jour, depuis la naissance de la cause palestinienne, d’initiatives extérieures qui se prétendent déterminées à la résoudre. Toutes ces initiatives se terminent en fin de compte par un échec et par un effritement des positions arabes.
Les initiatives actuelles ne sortent pas de ce schéma. Elles ont pour fonction de donner uniquement l’impression qu’un arrangement équitable est à portée de main. Si la politique arabe officielle a choisi de parier sur une solution de la question palestinienne sur la base de la légalité, malgré ce qu’elle comporte d’injustice, Israël, en revanche, a montré qu’il n’était prêt à aucune solution véritable et juste.

C’est ce qui conforte la position de ceux qui rejettent ce type de solution qui ne prend pas en compte les droits du peuple palestinien dans leur intégralité. La stratégie de la négociation acceptée par la partie arabe permet à Israël de se délier facilement de tout engagement sérieux sur la voie de la solution, et confine les Arabes dans une position défensive fragile.

Circonstance aggravante, la partie arabe a été jusqu’à renoncer à une action politique ferme et se plaît à attendre que les autres assument des rôles fondamentaux dans une bataille où se décide l’avenir de la nation arabe. Au moment où certains Etats arabes reconnaissent Israël, où des pressions s’exercent pour amener d’autres Etats arabes à en faire de même, et où s’élèvent les appels à la normalisation avec l’entité sioniste, nous constatons que le projet d’Etat palestinien est, dans les démarches politiques occidentales, constamment reporté et demeure conditionné au bon vouloir d’Israël.

Aussi, nous pensons que le moment est venu pour les dirigeants arabes de faire une proclamation collective, considérant que l’Etat palestinien existe sur les territoires occupés en 1967, avec El-Qods pour capitale, de mobiliser la diplomatie arabe pour présenter la candidature de la Palestine en qualité d’Etat membre de l’ONU, et d’appeler l’ensemble des Etats à le reconnaître.

De tirer toutes les conséquences politiques et juridiques de cette reconnaissance, d’aider l’Etat palestinien à assumer ses missions de représenter le peuple palestinien dans tous les domaines et en priorité à mener les négociations sur les grandes questions en suspens et, en premier lieu, l’attachement au retour des réfugiés dans leurs foyers.

Le suprême paradoxe que les peuples arabes ne comprennent pas est qu’au moment où les Arabes acceptent de reconnaître Israël, ils hésitent à considérer que l’Etat palestinien existe dans les limites d’une légalité internationale tronquée et attendent qu’Israël donne son accord à la naissance d’un Etat palestinien.

La question irakienne
La présence américaine en Irak, quelles que soient ses causes et ses prétextes et les couvertures juridiques qui lui ont été données par la suite, est une occupation illégale par la force et une violation de la souveraineté nationale de ce pays.

Le maintien de la présence des forces américaines ne contribue pas à instaurer la sécurité et la stabilité politique recherchées en Irak. Il est même un facteur important de l’absence de sécurité et de stabilité. Lier le retrait des troupes étrangères d’Irak aux nécessités de la lutte contre le terrorisme ou de la diffusion de la démocratie dans le monde arabe signifie que l’on théorise et que l’on se prépare à une occupation de longue durée.

D’un autre côté, l’occultation politique des forces de la résistance armée à cette occupation est une erreur qui ne peut se justifier par l’évolution de la situation irakienne avec ce qu’elle induit comme violence inacceptable, non identifiée et aux motivations et finalités inconnues.

Nous attendons des dirigeants arabes qu’ils soutiennent les démarches et les multiples appels pour le retrait des forces armées étrangères d’Irak, qu’ils encouragent l’unité des rangs irakiens, tous les Irakiens, pour exiger ce retrait et préserver l’unité et la souveraineté de l’Irak, pour éloigner toutes formes de violence dans le règlement des différends entre Irakiens et enfin pour construire l’avenir sur la base du dialogue et des choix du peuple irakien.

La question libanaise
Les circonstances malsaines qui se sont instaurées depuis un certain temps dans ce pays arabe, grand par sa position et son rayonnement, ont révélé, au niveau international, une alliance entre les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne agissant comme un véritable nouveau tutorat sur le Liban et l’ensemble de la région arabe.

Les dirigeants arabes sont invités à faire en sorte que le peuple libanais dispose de tous les moyens lui permettant de résoudre ses problèmes par lui-même, sans intervention extérieure proche ou lointaine, de protéger la résistance et de refuser la tutelle déguisée exercée par les Etats cités sous prétexte de défendre la liberté et les droits de l’homme.

Les erreurs commises au Liban, que le président syrien Bachar El-Assad a reconnu, sont inhérentes à la nature même de nombre de régimes arabes. Si le retrait de l’armée syrienne contribue à en tarir la source au Liban, la sagesse recommande qu’il faut en extirper les racines de tous les régimes au pouvoir dans le monde arabe afin d’éviter les évolutions négatives qu’ils peuvent provoquer.

Cela implique un renoncement à la politique du monopole et de l’exclusion qui a élargi le fossé entre les peuples et les régimes au pouvoir, comme cela implique également l’instauration de régimes réellement démocratiques assurant la participation des peuples à la décision politique et à une gestion saine de l’Etat et de la société.

Au niveau international, cela implique un rejet des solutions minées qu’on veut imposer de l’extérieur à la région arabe.

Veuillez agréer, Majestés, Excellences, l’expression de notre profond respect.

Source : Le Jeune Indépendant, 21 mars 2005 (texte traduit de l’arabe par R.N.)

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Nommer Jérusalem : La profondeur arabo-sémitique d'El Qods à travers la langue, par Mohammed Futuwwa

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Michel Chodkiewicz, grand spécialiste de la théologie mystique de l'islam, et notamment du Cheikh al-Akbar, Ibn 'Arabi, et lui même musulman, souligne que la langue arabe dispose de quatre grandes racines verbales pour « cerner la notion de sacré en islam ». « HRM, qui évoque une idée de séparation et d'où procèdent les mots qui, dans le Coran, s'appliquent à l'espace sacré (la Kaaba et la mosquée qui l'entoure) et au temps sacré (quatre mois sur douze) ; QDS, (…) qui exprime la transcendance, la pureté et qu'on utilise pour parler de Dieu ou dans les eulogies posthumes de personnages vénérés ; BRK, d'où dérive le terme bien connu de baraka, dont les sens sont divers selon les contextes mais comportent une référence à un influx d'origine surnaturelle qui peut être source de pouvoirs exceptionnels (…) ; GhYB qui dénote l'occulte, le mystère ». (Chodkiewicz, 1992). La seconde racine, QDS, est essentielle pour notre exploration, car elle est à l'origine du nom arabe de la Cité : Al-Qods, ou encore Bayt al-Maqdis. Ce nom révèle la haute dignité spirituelle de Jérusalem, le fait qu'elle est la « Sainte », la « Maison de la Sainteté ». On notera qu'une ville palestinienne, et l'une des plus fameuses, Bethléem, porte aussi en arabe ce mot de Bayt, la « Maison » (Bayt Laham, la Maison de la chair). Michel Chodkiewicz rappelle également que les chrétiens de langue arabe ont formé, à partir de la racine QDS, le mot qui désigne les « saints ».

QDS est une vieille racine sémitique, attestée dans plusieurs langues, comme l'akkadien ancien qu-du-si-is, qui signifie « purifier », en babylonien ancien qadasu(m), « être consacré », en assyrien ancien qassum, « saint ». La philologue Pascale Hummel écrit à ce propos que « Toutes les formes verbales et les adjectifs dérivés de la racine qds sont traduits par les verbes « purifier, consacrer, dédier », et par les adjectifs correspondants. Quel que soit le contexte religieux, la consécration se fait au moyen d'une purification par une série de rites, les deux actes de consécration-purification sont si liés qu'aucune distinction nette se sépare les deux notions. » (Hummel, 2005,p. 205)

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La langue arabe, lieu de l'âme et de la résistance algérienne anti-coloniale

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Le Lumineux Malek Haddad (1927-1978), poète et écrivain :

«A l'heure coloniale, il ne nous restait plus que l'Islam et la langue du Livre pour refuser, pour nous distinguer, pour nous opposer. L'arabisation ne condamne pas la langue française, ou toute autre langue. Elle procède à un retour à soi-même, à une repossession d'une pensée et de son véhicule naturel. Elle est la forme achevée de la décolonisation »

Les Banu Maqil ou la fierté arabo-yéménite des Algériens, par Mohammed Futuwwa

Fichier: Storm driven.jpg

Les Banu Maqil (المعقل) étaient une confédération de tribus arabes originaire du Yémen qui émigra vers le Maghreb au 11ème siècle. Ils fertilisèrent l'âme algérienne d'une authentique et fière arabité. Ils sont à l’origine du dialecte des Bédouins du clan des Banu Hassan Banu Maqhil.
Dans le Sud de l'Algérie, dans la République Arabe Sahraouie Démocratique et en Mauritanie, ils parlent une variété de l’arabe appelé le Hassaniya, nommé ainsi d’après les Banu Hassan (fractions des Banu Maqil). Les Banu Maqil sont très présent dans le Sud-Ouest de l’Algérie (Tlemcen), l’Algerois (les Banu Thaaliba).

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19 mai 2018

Le facteur religieux dans le mouvement national algérien (années 1920), par Abou El-Qassem Saadallah

Abou el Kassem Saadallah 2

Abou el-Qassem Saadallah (1930-2013), l'un des plus grands historiens de l'Algérie contemporaine. Il est né dans la commune de Guemar, dans la la wilaya d'El Oued. Ses premiers textes furent publiés dans El-Bassaïr, la revue de l'Association des Ouléms Musulmans Algériens.

COMPLICITE DU PAPE ET DE L’EGLISE

Certains chercheurs, dans le cas algérien, font la distinction entre religion et nationalisme et considèrent la résistance, qui dura de 1830 aux années 1920, comme une Résistance fondamentalement religieuse. Quant au « nationalisme », d’après eux, il ne serait pas apparu avant les années 1920, et plus précisément avec la création de l’Etoile Nord Africaine.

Ils estiment, que l’apparition de cette Organisation se fonda sur une conception purement politique de la Résistance à la domination coloniale. Ainsi, la conception nationaliste aurait remplacé la conception religieuse[1].

Nous postulons que, dans une large mesure, durant la période coloniale, le mouvement national algérien se fondait sur la religion. L’épine dorsale de tous les Mouvements de Résistance, qu’il s’agisse du mouvement du djihâd, qui dura tout le siècle dernier, ou de la lutte politique depuis la Première Guerre mondiale, est le facteur religieux. Il en était ainsi même après l’apparition de l’Etoile Nord Africaine. L’importance du facteur religieux s’amplifia durant la guerre de Libération (1954-1962), et il ne disparut qu’à partir du Programme de Tripoli en 1962.

Notre objectif n’est pas d’évaluer l’idéologie nationale depuis 1830 ou les interférences intellectuelles qu’il y eut entre les programmes et les objectifs des Organisations nationales de 1919 à 1962. Notre objectif est d’essayer de rechercher le facteur ou les facteurs qui étaient à l’origine de l’apparition des Organisations nationales durant les années 1920, et plus particulièrement de l’Etoile Nord Africaine. La religion est-elle le facteur unique à l’origine de la création de ces Organisations ou cette création est-elle le résultat de plusieurs facteurs ?

Peut-être est-il utile de rappeler quelques éléments qui sont en rapport direct avec le sujet ? Le jésuite Charles X décida d’entreprendre la campagne française contre l’Algérie, avec la bénédiction du Pape et le soutien de l’Eglise en France et ailleurs en Europe. Après la réussite de l’expédition, les missionnaires chrétiens se répandirent dans toute l’Algérie et les autorités militaires commencèrent à détruire les Mosquées et à transformer certaines d’entre elles en églises ainsi qu’à confisquer les biens religieux (waqf). Cela donnait à la conquête française le caractère clair d’une croisade qui ne différenciait pas beaucoup de celui qui caractérisa la vieille croisade connue en Orient puis en Andalousie.

DJIHAD CONTRE CROISADE

Toutes les lois d’exception, qui furent décrétées à l’attention des Algériens par les autorités coloniales, reposaient sur l’esprit de croisade, même si elles n’en n’avaient pas l’apparence. Parmi ces lois, citons l’abolition de la justice islamique, la loi de la citoyenneté publiée en 1865, le fonctionnement de l’enseignement islamique, la liberté absolue donnée aux missionnaires – notamment à l’organisation des Pères Blancs et des Sœurs Blanches – les calomnies des orientalistes français contre l’Islam et son patrimoine, ainsi que l’absence d’application du principe de « séparation du culte et de l’Etat » pour l’islam. Tous les faits et les lois que nous venons de citer, et bien d’autres encore, sont des lois d’exception. Ces lois faisaient de la présence française, qui ne revêtait pas seulement la forme d’une occupation politique et d’une exploitation économique, une force croisée apportant avec elle la haine du passé avec toute sa laideur[2].

Quelle fut la réponse des Algériens face à cette politique ? La Résistance, qu’ils menèrent dans les villes et les campagnes possédait, aussi, des fondements religieux. Ils répondirent à la croisade par le djihâd. Si les Français avaient envahi l’Algérie économiquement et stratégiquement comme l’avaient fait, par exemple, leurs amis Anglais en Inde, il est probable que la réaction des Algériens n’aurait pas été religieuse. A cette époque, le djihâd, dans le discours algérien, renfermait une notion religieuse pure, c’est-à-dire la guerre pour la cause d’Allah seul et le désir du Martyr dans l’espoir de rentrer au paradis. Il renfermait aussi une notion politique qui était la guerre pour la Libération du pays des envahisseurs violents, cela dans l’espoir d’une vie décente et de la liberté. Ce concept du djihâd fut la source du nationalisme ou, comme l’ont nommé certains chercheurs, du « nationalisme politique ». Cependant, le djihâd dans son sens islamique véritable, n’oppose pas la religion et la politique, et contrairement à ce qu’en ont dit les ennemis de l’Islam, il s’agit de la Guerre Sainte. Le vrai djihâd est, à la fois, le désir du Martyr et de la liberté comme il est dit dans le hadith : « Désires la mort et la vie te sera donnée »

DIVISER POUR REGNER

Lorsque les colonisateurs prirent le contrôle de l’Algérie, tant des villes que des campagnes, de différentes façons – qu’ils nommèrent « le régime du sabre »[3] : massacres, expulsions, fuites et exils -, ils se mirent à fomenter des complots intellectuels et mobilisèrent une nouvelle arme qui n’était pas matérielle mais conceptuelle. Ils remarquèrent au cours de leurs contacts avec les Algériens l’ampleur de leur cohésion organique aussi bien dans la joie que dans le malheur, tout comme ils observèrent que la base de cette cohésion était la religion. Ainsi, s’appliquèrent-ils à détruire cette base en provoquant des querelles tribales, régionales et familiales. Les conséquences de cette politique apparurent surtout dans les sphères de l’éducation et de la législation. Les Algériens ne recevaient plus une seule et même éducation. On ne leur accordait plus la même attention, et ils ne se soumettaient plus à une seule et même législation islamique. Cette politique était à la fois en accord avec les objectifs religieux des croisades et avec les objectifs politiques de l’Empire romain.

Les spécialistes français ont aussi observé que les leaders du Mouvement du djihâd, qui se chargea de les combattre, provenaient des refuges religieux présents dans tout le pays, c’est-à-dire, les confréries (zaouïas) et les centres islamiques, qui depuis des siècles accordaient une grande importance au djihâd, en temps de guerre, et à la science et à la mystique (soufisme) en temps de paix. Cependant, les voies soufies n’étaient pas toutes engagées dans le combat et dans le djihâd tout comme elles n’étaient pas toutes engagées dans la propagation de la science. La plupart l’étaient durant la domination coloniale – des croisades. Parmi les voies les plus éminentes du siècle passé, citons : la Qâdiriyya, la Rahmâniyya, la Chaykhiyya. La première donna naissance à l’Emir Abdelkader, la seconde à Lalla Fatma N’Soumeur et au cheikh al-Haddad, la troisième au cheikh Bouamama.

Les spécialistes de la colonisation remarquèrent le double jeu que jouaient les voies soufies contre les colonisateurs :

1. La défense de l’unité du pays par la conservation des valeurs et des enseignements islamiques.

2. L’appel au djihâd et au Martyr aux noms de la religion et de la nation.

Ainsi, les points de vue de ces spécialistes (de la psychologie, de l’anthropologie, des religions, de la lexicographie…) se sont orientés. Ils tentèrent de neutraliser les voies soufies de différentes façons dont : la promesse et les menaces, comme l’achat de leur conscience et leur promotion à des hauts postes… Lorsque la Première Guerre mondiale éclata, les voies soufies avaient déjà décliné, volontairement pour certaines d’entre elles et involontairement pour d’autres, sous la coupe de la colonisation. Peut-être que la manifestation la plus importante, de cette époque, dans la disparition de l’âme du djihâd dans ces confréries, devenues des instruments pour exécuter les ordres et les désirs de la

« LEUR ALGERIE FRANçAISE »

Cependant, l’Algérie faisait partie du vaste monde islamique et elle était influencée par ce qu’il s’y produisait. Les spécialistes de la colonisation pensaient avoir le contrôle total de l’Algérie, en éliminant le parti du djihâd, en apprivoisant les confréries soufies, en décimant la société. Ils commencèrent à parler de l’Algérie romaine – chrétienne, française à jamais[4]. Au même moment, un mouvement islamique, dont l’objectif était la révolte contre le colonialisme et l’appel à la force de l’Islam par le retour à ses origines premières, apparaissait au Machrek. Nul n’est besoin de citer le nom des partisans de la réforme et de la nahda islamique en Inde, en Egypte, en Turquie, dans la Péninsule arabique et en Tunisie car l’Histoire ne peut pas oublier les noms d’Ahmad Khân, Mohammad Abd al-Wahâb, Jamâl ad-Dîn al-Afghânî, Mohammad Abdouh, Khayr ad-dîn at-Tounsî et d’autres encore. Quelque fut la situation, les portes du XXème siècle ne pouvaient pas s’ouvrir avant que ne soufflent sur l’Algérie les vents de l’Orient apportant avec eux l’appel à la nahda islamique. L’opposition à la conscription obligatoire, en 1912, était largement influencée par cet appel.

La première guerre mondiale modifia aussi de nombreuses notions et conceptions religieuses. Les Musulmans, indiens, turcs, algériens et autres, furent contraints de se battre les uns contre les autres. Ce fut le début d’une longue réflexion pour la révision du rôle des dirigeants du monde musulman, y compris les dirigeants de l’Algérie, et de leurs relations avec les puissances qui les colonisaient. De même, la guerre sécréta de nouvelles dispositions et idées, telles que la Révolution russe et la chute de nombreux empires (russe, allemand, ottoman, autrichien), le principe du droit aux peuples de disposer d’eux-mêmes, l’indépendance de certains peuples qui faisaient auparavant partie des empires cités, l’apparition du Parti Communiste…

Ce qui nous importe à nous, les Algériens musulmans, c’est que les années 1920 ont inauguré des transformations dont le moteur était, la plupart du temps, l’Islam. Sur le front intérieur, il y avait le mouvement de l’Emir Khâled qui réclamait l’égalité entre les Français et les Algériens en protégeant la spécificité islamique de ces derniers. Les analystes contemporains ont considéré ce mouvement comme une expression islamique forte, se manifestant par des élections, tout comme ils le considéraient comme une partie de l’évolution du monde islamique entier en direction de la nahda et de l’émancipation. Le mouvement de l’Emir Khâled n’était pas le seul en Algérie, et il s’intensifia avec le parti d’Ibn Bâdîs qui se développa dans trois domaines dont l’objectif était la connaissance religieuse et sociale: l’enseignement libre ; la prédication et l’instruction ; et l’information journalistique. Nous disons « réforme religieuse et sociale » car le parti d’Ibn Bâdîs concentra son attention à faire sortir le peuple algérien du retard intellectuel dans lequel il était ; peuple attaché à l’ignorance et aux superstitions des confréries soufies après qu’elles devinrent un instrument dans les mains de l’administration coloniale.

Les bienfaiteurs algériens DES ANNEES 20

Dans ce domaine, il est important de ne pas négliger le rôle des bienfaiteurs algériens qui étaient poussés par un sentiment religieux fort lorsqu’ils créèrent avec leur propre argent, dans les années 1920, des écoles privées pour l’enseignement des enfants musulmans afin qu’ils y apprennent leur religion. Ils créèrent aussi des refuges pour les pauvres. Ils achevèrent leurs efforts par la création du « nâdî taraqi » (cercle du progrès) en 1927 qui coïncidait avec le centenaire du blocus de l’Algérie par la France en 1827.

Sur le plan international, les années 1920 furent le témoin d’événements islamiques qui eurent des conséquences sur l’histoire du mouvement national algérien. Nous ne pouvons pas citer tous les événements que connut le monde islamique à cette époque. Cependant, l’abolition du califat, en 1924, troubla les Algériens musulmans et poussa certains d’entre eux à réfléchir aux remplaçants du calife ; parmi eux l’Emir Khâled, qui participa au congrès du Caire ayant pour sujet le califat ; ou encore le cheikh Abû Ya’lî al-Zawâwî qui proposa la création d’une association des musulmans à la place du califat. Quant au second événement, citons la victoire des Saoud sur leurs ennemis et la création de l’état saoudien en 1925. Cela signifiait aussi la victoire de l’école wahhabite ou du tawhîd, comme l’appellent ses adhérents, dont les échos arrivaient jusqu’en Algérie. Longtemps, les journaux français accusèrent nombre de dirigeants de la réforme en Algérie, surtout les cheikhs al-Oqbi et al-Ibrahimi, d’être influencés et dépendants du mouvement wahhabite. Enfin, signalons la tenue de nombreux congrès islamiques dont le but était d’examiner certaines questions relatives au monde islamique, dont la question du califat. Outre le congrès du Caire, citons le congrès en Inde, et le congrès d’al-Qods en 1930. Ce dernier eut des échos particuliers en Algérie, car il fut un facteur, comme le dirent certains, de l’appel au Congrès Musulman en 1936[5].

LA RESISTANCE ALGERIENNE NOURRIE A LA SOURCE RELIGIEUSE

Le plus important dans tout cela est que le mouvement national en Algérie était alimenté d’influences négatives à l’intérieur du pays et d’autres positives à l’extérieur de celui-ci. A cette époque, la religion musulmane était persécutée au niveau de ses droits, des institutions et des pratiques cultuelles… Cependant, les signes précurseurs de la nahda pointaient à l’horizon. L’indépendance de certains peuples islamiques, la victoire de l’école réformatrice wahhabite et la tenue de congrès et de rassemblements islamiques, encourageaient les Algériens à réclamer leurs droits en tant que musulmans libres.

Si l’histoire de l’Algérie attestait de la profondeur religieuse par laquelle se caractérisa la résistance populaire contre l’ennemi, et si toutes les actions réalisées par cet ennemi revêtaient un caractère religieux (croisé), pourquoi la religion n’est-elle pas apparue comme un facteur politique fort dans le programme des partis et des organisations qui surgirent au cours des années 1920 ?

Avant de répondre à cette question, présentons brièvement les organisations les plus importantes qui apparurent durant cette période. L’Emir Khâled s’engagea dans les élections en se basant sur la religion, et il fonda une association qui était celle de « la fraternité islamique ». Le parti de l’Emir Khâled aurait pu conduire l’Algérie vers une orientation nationale islamique si les autorités coloniales ne l’avaient pas combattu et contraint à l’exil de peur des conséquences de son orientation. Cela entraîna le recul du nationalisme islamique en Algérie. Le groupe connu sous le nom de l’élite des assimilés, dont faisait partie le Docteur Bentami [Ibn al-Tahâmî], à qui il manquait une orientation nationale et islamique, ne pouvait pas remplacer le parti de l’Emir Khaled, si ce n’est pour les autorités coloniales.

Lorsque la Fédération des Elus se forma en 1927, elle n’obéissait pas à l’aspiration nationale islamique présente dans le coeur des masses algériennes. Le fait est qu’elle se composa d’éléments de l’élite assimilée et d’éléments dirigeants chrétiens qui évoluaient uniquement dans le cadre de la légalité coloniale. Les hommes de religion, notamment ceux des confréries soufies, n’avaient pas de conscience nationale (politique) reflétant la religion musulmane consciente des dangers du processus en cours. La plupart des hommes des confréries soufies avaient été domestiqués : ils étaient influencés mais n’agissaient pas, tout comme ils obéissaient mais ne commandaient pas. Parmi les confréries les plus éminentes, au cours des années 1920, citons la Tidjaniyya, la ‘Alawiyya et certaines branches de la Rahmâniyya.

De part leur philosophie matérialiste, les organisations communiste et socialiste, en Algérie, n’avaient foi ni en l’orientation nationale ni en l’orientation islamique. De plus, la vision de la relation entre le colonisateur et le colonisé, de certains membres de ces organisations, n’était pas claire. Ils n’avaient pas de réponse précise à la question suivante : l’Algérie était-elle colonisée ou faisait-elle partie de la France ? De même, les éléments qui accueillirent les doctrines communistes et socialistes, étaient pour la plupart, surtout leurs dirigeants, des Européens qui n’avaient aucun lien avec le nationalisme algérien ou l’islam. Il n’était donc pas étrange que le facteur religieux fût absent des programmes de leurs organisations. Cependant, ils utilisèrent la religion et le nationalisme dans leurs tracts, leurs discours et leurs journaux dans le but d’attirer le public et non pas dans son but premier.

LE CENTENAIRE DE LA DOMINATION FRANCAISE

La vie politique, dans les années 1920, était ainsi : une vie sans organisation politique nationale islamique bien définie. Devant ce vide dangereux les colonisateurs se préparaient à fêter le centenaire de la domination française et la consécration du bien-fondé de la colonisation par le biais de parades des forces militaires, d’écrits « scientifiques » et de fêtes populaires[6]. Ce fut une provocation claire pour l’histoire, pour le monde islamique renaissant et pour la conscience nationale que les principes du président Wilson et de l’insurrection bolchevique, avaient fait raisonner au sein des peuples.

Qui peut donc accepter ce défi au nom de l’Algérie ? Celui dont l’appel se métamorphose en un mouvement historique reposant à la fois sur la religion et le nationalisme. Deux organisations ont assumé cette responsabilité historique. La première était présente en Algérie alors que la deuxième était en France. Au début, aucune des deux organisations n’avait accepté le défit mais elles ont attendu un moment jusqu’à ce que les conditions définies soient présentes. Ces deux organisations évoluèrent au fil du temps.

L’Etoile Nord Africaine est née dans les conditions de 1926 suite à la situation au Maghreb (l’exil de l’Emir Khâled, la révolte de l’Emir Abdelkrim al-Khattabi…), l’évolution de l’idéologie mondiale (la lutte entre le communisme et le capitalisme…), ainsi que la situation sociale et humaine des immigrés et des musulmans dans le monde entier. Notre but n’est pas de détailler les conditions dans lesquelles se forma l’Etoile Nord Africaine, mais nous voulons montrer qu’elle ne s’est pas formée en tant qu’organisation nationaliste islamique dans un premier temps, et ce n’était pas le but que se fixèrent ses fondateurs en créant cette organisation. Cependant, les dirigeants de l’Etoile Nord Africaine ont progressivement réajusté leur ligne de conduite jusqu’à qu’ils y aient inclus la sphère religieuse. Ce changement dans la ligne de conduite a été long, difficile et lent.

LE MOUVEMENT DE REFORME RELIGIEUSE ET SOCIALE

D’un autre côté, le mouvement de réforme religieuse et sociale s’est développé jusqu’à arriver à la création de l’Association des Ouléma en 1931. Le mouvement de réforme, durant les années 1920, n’avait pas d’activité, ni d’objectif défini ou de programme précis. Il se manifestait par des efforts individuels, par des convictions personnelles avec l’impératif de la réforme. La plupart du temps les efforts et les convictions se croisaient dans les moyens et les objectifs mais ils n’apparaissaient pas sous la forme d’une organisation ou d’un commandement. Cependant, d’autres conditions (autres que celles qui favorisèrent la création de l’Etoile Nord Africaine) participèrent à la création de l’Association des Ouléma. Devant l’absence d’orientation nationale islamique – surtout après l’exil de l’Emir Khâled – la provocation claire par les festivités du centenaire, l’appel de l’élite des assimilés et la passivité des confréries soufies, il était inévitable que ces efforts individuels et ces convictions personnelles aient formé une association religieuse nationale qui allait jeter les bases de la résistance contre la colonisation. C’est pour cette raison que nous avons dit que l’Association des Ouléma était « inévitable » devant ce vide national – islamique, cependant elle aboutit aussi à une forme nationale, politique, et islamique. De même, l’Etoile Nord Africaine, qui à ses débuts avait une forme maghrébine, sociale, et mondiale, prit une forme nationale, révolutionnaire et islamique.

Nous avons présenté quelques informations au sujet du développement de l’Algérie au cours des années 1920, et comment le facteur religieux a réagi durant cette période. Une partie de ce que nous avons dit au sujet de l’Etoile Nord Africaine et de l’Association des Oulémas n’a été confirmé qu’après leur formation, c’est-à-dire après les années 1920. Toute organisation évolue sauf exceptions à cause de conditions et de facteurs humains, objectifs et historiques qui n’acceptent pas les changements et les évolutions. L’Etoile Nord Africaine se déplaça de la France à l’Algérie et changea de nom à plusieurs reprises jusqu’à ce qu’elle optât pour « le Parti du Peuple Algérien ». Ses dirigeants comprirent que la pratique politique en Algérie était différente de celle en France. De même, l’Association des Ouléma connut des changements dans le commandement et dans la participation aux événements politiques. Les deux organisations se rejoignaient sur de nombreux points tout comme elles étaient en désaccord sur d’autres. Cependant, d’après nous, elles se complétaient l’une et l’autre. Ainsi, c’est une faute d’attribuer le rôle du « héros » à l’une d’entre elles seulement.

Si nous revenons à notre point de départ, nous pouvons dire que le mouvement national commença par l’homogénéité de la religion et de la politique. De 1920 à 1954 la politique prenait le dessus sur la religion sauf chez les réformateurs. Puis de 1954 à 1962 l’homogénéité était à nouveau présente entre la religion et la politique. Cependant le Programme de Tripoli donna le dessus à la politique sur la religion. Il est clair que nous continuons à vivre sur les principes de ce programme malgré le changement des significations et les nombreuses modifications. Cela signifie t’il l’absence, dans nos vies, de la religion comme facteur politique ?

Traduit par : Souad Khaldi

Ben Aknoun, Algérie, 11 février 1987.

Texte extrait de : L’Etoile Nord – Africaine et le mouvement national algérien, acte du colloque du 27 février au 1er mars 1987, Paris, Ed. Centre Culturel Algérien, 1988, pages 283-291.

 

[1] SIVAN Emmanuel, « Genesis of Algerian Nationalism », in. The Maghrib Review, avril 1978, t. 3, n° 5-6, pages 17-32.

http://www.lejeunemusulman.net/?p=656

[2] Cf. Aboul-Kassem SAADALLAH, Le mouvement national algérien, Algérie, 1982, 2ème partie, t. 3 ; « Ecoles pour la culture arabe au Maghreb. Etude centrée sur l’Algérie, 1830-1954 », ath-thaqâfa, n° 79.

[3] AGERON Charles-Robert, Les Algériens musulmans et la France (1871-1919), Paris, P.U.F., 1968, vol. 2, page 1229.

[4] Cf., entre autres, les articles de Louis BERTRAND dans la revue L’Afrique Romaine.

[5] Point de vue partagé par Arnold Toynbee. Cf. A. TOYNBEE, Survey of International Affairs, 1937, I, 1938.

[6] Les festivités durèrent au moins trois ans, de 1927 à 1930. cf. Collection du centenaire de l’Algérie.

Les avatars de l’idéologie coloniale dans le miroir des rapports franco-algériens, par Mohamed Tahar Bensaada

 

Les avatars de l'idéologie coloniale dans le miroir des rapports franco-algériens Par Mohamed Tahar Bensaada

Cinquante ans après l'accession des pays africains à l'indépendance nationale, il est permis de s'interroger sur les rapports qu'entretiennent ces pays avec l'ancienne puissance coloniale et sur le poids que continue à avoir cette relation complexe sur le devenir des sociétés africaines tant le lien entre mal-développement et dépendance mérite une attention particulière.

http://institutfrantzfanon.org

 

La contribution d’un révolutionnaire algérien, Frantz Fanon, à la critique de la modernité capitaliste/coloniale

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Eléments d’une critique radicale de la modernité capitaliste/coloniale.

La contribution d’un révolutionnaire algérien : Frantz Fanon

par Mohammed Futuwwa

 

Frantz Fanon (1925-1961) est un théoricien majeur de la critique du colonialisme français en Algérie et en Afrique. La formation dans les sciences humaines - il sera médecin psychiatre – de ce militant Martiniquais qui embrassa la cause anticoloniale du peuple algérien a certainement joué dans le fait que sa pensée fait voisiner les instances politique, idéologique et philosophique. Son analyse du colonialisme est d’une sévérité qui tranche avec les accommodements et les compromis. « La grande nuit dans la quelles nous fumes plongés, il nous faut la secouer et en sortir. Le jour nouveau qui déjà se lève doit nous trouver fermes, avisé et résolus. Il nous faut quitter nos rêves et nos amitiés d’avant la vie. Ne perdons pas de temps en stériles litanies ou en mimétismes nauséabonds. Quittons cette Europe qui n’en finit pas de parler de l’homme tout en le massacrant partout où elle le rencontre, à touts les coins de ses propres rues, à tous les coins du monde ». Les damnés de la terre, son ouvrage majeur, exercera a une influence considérable sur une grande partie des intellectuels des pays du Tiers-Monde, et notamment sur l’Iranien Ali Shariati ou le Palestinien Edward Saïd.

 

Frantz Fanon considère que la domination coloniale n’est pas réductible à la domination des corps. Les âmes des hommes sont également dominées à travers le processus de l’aliénation. Il retrouve là les intuitions fortes de ces pourfendeurs de ce que le sociologue allemand Max Weber nommait la « modernité capitaliste », à savoir Marx et Lukàcs. Les peuples colonisés et, aujourd’hui, du Sud, ne sont pas, dans le contexte de la modernité capitaliste, pas les porteurs de leur subjectivité propres, mais les objets de la Civilisation occidentale.

 

Dans sa pensée subtile, Frantz Fanon pose que l'intellectuel colonisé devra passer par trois étapes intérieures afin de sortir définitivement de l’aliénation et de renouer avec la singularité de la conscience historique de son peuple. Il écrit dans Les damnés de la terre:

 

« Dans une première phase, l’intellectuel colonisé prouve qu’il a assimilé la culture de l’occupant. Ses œuvres correspondent point par point à celles de ses homologues métropolitains. L’inspiration est européenne et on peut aisément rattacher ces œuvres à un courant bien défini de la littérature métropolitaine. C’est la période assimilationniste intégrale. On trouvera dans cette littérature de colonisé des parnassiens, des symbolistes, des surréalistes.

Dans un deuxième temps le colonisé est ébranlé et décide de se souvenir. Cette période de création correspond approximativement à la replongée que nous venons de décrire. Mais comme le colonisé n’est pas inséré dans son peuple, comme il entretien des relations d’extériorité avec son peuple, il se contente de se souvenir. De vieux épisodes d’enfance seront ramenés du fond de sa mémoire, de veilles légendes seront réinterprétées en fonction d’une esthétique d’emprunt et d’une conception du monde découverte sous d’autres cieux. Quelquefois cette littérature de pré-combat sera dominée par l’humour et par l’allégorie. Période d’angoisse, de malaise, expérience de mort, expérience aussi de nausée. On se vomit, mais déjà par dessous, s’amorce le rire.

Enfin dans une troisième période, dite de combat, le colonisé après avoir tenté de se perdre dans le peuple, de se perdre avec le peuple, va au contraire, secouer le peuple. Au lieu de privilégier la léthargie du peuple il se transforme en réveilleur de peuple. Littérature de combat, littérature révolutionnaire, littérature nationale. Au cours de cette phase un grand nombre d’hommes et de femmes qui auparavant n’auraient jamais songé à faire œuvre littéraire, maintenant qu’ils se trouvent placés dans des situations exceptionnelles, en prison, au maquis ou à la veille de leur exécution ressentent la nécessité de dire leur nation, de composer la phase qui exprime le peuple, de se faire le porte-parole d’une nouvelle réalité en actes. »

 

Frantz Fanon s’inscrit résolument dans le courant de la critique de la modernité capitaliste occidentale. Il a en particulier déconstruit l'argumentaire pseudo-universaliste et pseudo-humaniste de l'idéologie coloniale. Son expérience de médecin est ici révélatrice.

 

Certes, on dira que le médecin, « par vocation », est au service du plus grand nombre et, parmi eux, des plus fragiles. Pourtant, l’histoire réelle de la médecine contemporaine invalide cette « croyance ». Nous ne prendrons qu’un seul exemple, celui du rôle de la médecine dans le système idéologique de légitimation du colonialisme, notamment celui de la France en Algérie et en Afrique noire. En 1959, en pleine guerre de libération du peuple algérien, Frantz Fanon écrivait ceci :

 

« La science médicale occidentale introduite en Algérie en même temps que le racisme et l’humiliation, a toujours, en tant que partie du système oppressif, provoqué chez l’autochtone une attitude ambivalente. On retrouve d’ailleurs cette ambivalence à propos de tous les modes d’être présent de l’occupant. Avec la médecine, nous abordons l’un des traits les plus tragiques de la situation coloniale. En toute objectivité et en toute humanité, il est bon qu’un pays techniquement plus avancé fasse profiter un autre de ses connaissances et découvertes de ses savants. Quand la discipline considérée vise la santé de l’homme, quand elle a pour principe même de faire taire la douleur, il est clair qu’aucune conduite négative ne saurait se justifier. Mais précisément, la situation coloniale est telle qu’elle accule le colonisé à apprécier péjorativement et sans nuances tous les apports du colonialisme. Le colonisé perçoit dans une confusion presque organique le médecin, l’ingénieur, l’instituteur, le policier, le garde-champêtre. La visite obligatoire du médecin au douar ou au village est précédée du rassemblement de la population par les soins des autorités de police. Le médecin qui arrive dans cette atmosphère de contrainte globale, ce n’est jamais un médecin indigène mais toujours un médecin appartenant à la société dominante et très souvent à l’armée. Les statistiques sur les réalisations sanitaires ne sont pas interprétées par l’autochtone comme amélioration dans la lutte contre la maladie, en général, mais comme une nouvelle preuve de la prise en main du pays par l’occupant. Le sanatorium de Tizi-Ouzou, les blocs opératoires de l’hôpital Mustapha à Alger, quand ils sont présentés par les autorités françaises aux visiteurs, veulent dire à la fois : « Voilà ce que nous avons fait pour les hommes de ce pays ; ce pays nous doit tout ; sans nous, il n’y aurait pas de pays. » (Fanon, 1968, 107-108) »

 

Nous nous sommes permis cette longue citation pour rappeler que la médecine – la « science médicale », les techniques thérapeutiques et le corps médical – peut tout à fait s’inscrire dans une démarche fondamentalement oppressive, et cela indépendamment de la volonté et des « bonnes intentions » du praticien. On lira également avec profit, toujours de Frantz Fanon, « Guerre coloniale et troubles mentaux », publié une première fois en 1961 (Fanon, 2002). L’explication de cette donnée tient à ce que la médecine, en tant que structure de l’existence collective, au même titre, d’ailleurs, que l’éducation, ne se réduit pas à un champ de travail interpersonnel, à une simple relation entre le médecin et le patient. En réalité, cette relation ne prend toute sa signification que dans la mesure où nous l’insérons dans le champ de la totalité réellement présente. En ce sens, les questions médicales sont, in fine, des questions supramédicales : politiques, culturelles, éthico-philosophiques.

 

Fanon, Frantz (1968). Sociologie d’une révolution. Paris : François Maspéro.

Fanon, Frantz (2002). Les damnés de la terre. Paris : La Découverte.

 

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"Sara", de Rim Banna (ساره - ريم بنا), ou le Drame de la Palestine en chanson

فارس عودة - ريم بنا faris oudeh - rim banna

Rim Banna, qui esr morte récemment, ce samedi 24 mars à l'âge de 51 ans dans sa ville natale de Nazareth, chante la petite Sarah, pour garder la mémoire de toutes les victimes innocentes de l'oppression coloniale

Cette belle chanson de la chanteuse palestinienne de Nazareth Rim Banna nous parle de Sarah, ce bébé de 18 mois, dont le rire emplissait le ciel, tuée d'une balle en pleine tête par un sniper. Histoire vraie et métaphore du drame de toute une nation. Rim Banna est née le 8 décembre 1966 à Nazareth, où elle vit actuellement. Chanteuse-compositrice, elle a étudié la musique et la chanson à l’Institut Supérieur de Musique "Gnesins" à Moscou. Elle y obtient son diplôme en 1991 après six ans d’études académiques, puis se spécialise dans la chanson moderne. Elle se présente ainsi :

" Je refuse d’être étiquetée comme Palestinienne d’avant 1948 [création de l’Etat d’Israël]. Je ne suis ni de 1948 ni de 1967 [début de l’occupation de la Cisjordanie et de Gaza]. Je suis une Palestinienne tout court. Je n’appartiens ni à un lieu, ni à une ville ni à un quartier. Je suis aussi bien de Galilée que de Cisjordanie, Gaza ou Jérusalem. Je ne veux même pas être classifiée comme simple artiste. Je me vois comme une combattante plus qu’une artiste, mon arme, c’est ma voix."

"Je ne suis pas radicale, je dis la vérité telle qu’elle est : les destructions des villages palestiniens, les sièges israéliens contre les villes à Gaza et en Cisjordanie. Israël a chassé des millions de gens de chez eux et occupe nos terres. Mes chansons racontent comment ils tuent les enfants innocents avec leurs bombardements, ainsi que le sort de plus 11’000 prisonniers politiques dont 500 enfants."

 

كانت سارة ساراي تدرج أولى
خطواتها على تراب فلسطين
وكانت ضحكتها تغطي تغطي سماء
فلسطين
كانت سارة ساراي تدرج أولى
خطواتها على تراب فلسطين
وكانت ضحكتها تغطي تغطي سماء
فلسطين

غافلها القناص بطلقة في الراس في
رأس سارة الصغير
غافلها القناص بطلقة في الراس في
رأس سارة الصغير
سارة ساراي
سارة ساراي
كانت سارة ساراي تدرج أولى
خطواتها على تراب فلسطين
وكانت ضحكتها تغطي تغطي سماء
فلسطين

غافلها القناص بطلقة في الراس في
رأس سارة الصغير
غافلها القناص بطلقة في الراس في
رأس سارة الصغير
سارة ساراي
سارة ساراي
سارة ساراي
سارة ساراي
سارة ساراي
سارة ساراي

ارفع العصبة عن عيون سارة حتى ترى
وجه قاتلها
ارفع العصبة عن عيون سارة حتى ترى
وجه قاتلها
سارة ساراي
سارة ساراي
سارة ساراي
سارة ساراي
سارة ساراي
سارة ساراي
سارة ساراي

 

« La Nakba de Damas » (نَكْبَة دِمَشْق), par Ahmed Chawqi

Nostalgie et Révolution : « La Nakba de Damas » (نَكْبَة دِمَشْق), par Ahmed Chawqi

Surnommé le « prince des poètes », le poète et dramaturge égyptien Ahmed Chawqi (1868-1932) (أحمد شوقي) est un pilier de la conscience nationale arabe, et des belles-lettres. Dans ce poème, il chante Damas, sa gloire et ses drames (nous sommes à l'époque de la domination coloniale française sur le Pays des Omeyyades). Écoutez, même si vous ne connaissez pas la langue arabe, les sonorités de la langue, le rythme et entrez dans l'âme de l'arabité.

ســلامٌ مــن صَبــا (بَرَدَى) أَرقُّ

ودمــعٌ لا يُكَفْكَــفُ يــا دِمَشْــقُ

ومعـــذِرة اليَرَاعـــةِ والقــوافي

جـلالُ الـرُّزْءِ عـن وَصْـفٍ يَـدِقُّ

وذكــرى عــن خواطرِهـا لقلبـي

إِليـــكِ تلفُّـــتٌ أَبــدًا وخَــفْقُ

وبــي ممــا رَمَتْــكِ بـهِ الليـالي

جراحــاتٌ لهـا فـي القلـب عُمْـقُ

دخــلتكِ والأَصيــلُ لــه ائـتلاقٌ

ووجــهُك ضـاحكُ القسـماتِ طَلْـقُ

وتحــتَ جِنــانِك الأَنهـارُ تجـري

ومِــــلْءُ رُبـــاك أَوراقٌ ووُرْقُ

وحــولي فتيــةٌ غُــرٌّ صِبــاحٌ

لهــم فـي الفضـلِ غايـاتٌ وسَـبْقُ

عــلى لهــواتِهم شــعراءُ لُسْــنٌ

وفــي أَعطــافِهم خُطبــاءُ شُـدْقُ

رُواةُ قصــائِدي، فــاعجبْ لشــعرٍ

بكـــلِّ محلَّـــةٍ يَرْوِيــه خَــلْقُ

غَمــزتُ إِبــاءَهم حــتى تلظَّـتْ

أُنــوفُ الأُسْــدِ واضطـرَم المَـدَقُّ

وضــجَّ مــن الشّـكيمةِ كـلُّ حُـرٍّ

أَبِــيٍّ مــن أُمَيَّــةَ فيــه عِتْــقُ

لحاهـــا اللــهُ أَنبــاءً تــوالتْ

عــلى سَــمْعِ الــوليِّ بمـا يَشُـقُّ

يُفصّلهـــا إِلــى الدنيــا بَرِيــدٌ

ويُجْمِلُهــا إِلــى الآفــاق بَــرْقُ

تكــادُ لروعــةِ الأَحــداثِ فيهــا

تُخـالُ مـن الخُرافـةِ وَهْـي صِـدْقُ

وقيــل: معــالمُ التــاريخ دُكَّــت

وقيــل: أَصابهــا تلــفٌ وحَـرقُ

أًلسـتِ - دِمَشـقُ - للإِسـلام ظِـئْرًا

ومُرْضِعَـــةُ الأُبُـــوَّةِ لا تُعَــقُّ؟

صــلاَحُ الـدين; تـاجُك لـم يُجَـمَّل

ولــم يُوسَــم بــأَزين منـه فَـرْقُ

وكـلُّ حضـارةٍ فـي الأَرض طـالتْ

لهــا مـن سَـرْحِكِ العُلْـوِيِّ عِـرْقُ

سـماؤكِ مـن حُـلَى المـاضي كتـابٌ

وأَرضُــك مـن حـلى التـاريخ رقُّ

بنيْــتِ الدولــةَ الكــبرى ومُلْكًــا

غبـــارُ حضارتَيْـــه لا يُشَـــقُّ

لـــه بالشــامِ أَعــلامٌ وعُــرْسٌ

بشــــائرُه بــــأَندلُسٍ تـــدَقُّ

ربـاعُ الخـلدِ - وَيْحَـكِ - ما دَهاه؟

أَحــقٌّ أَنهــا دَرَســتْ؟ أَحَــقُّ؟

وهــل غُـرَفُ الجِنـانِ مُنضَّـداتٌ؟

وهــل لنعيمهــن كــأَمِس نَسْـقُ؟

وأَيـن دُمَـى المقـاصِر مـن حِجـالٍ

مُهَتَّكَــــةٍ، وأَســـتارٍ تُشَـــقُّ

بَــرزْنَ وفـي نواحـي الأَيْـكِ نـارٌ

وخَــلفَ الأَيــكِ أَفــراخٌ تُــزَقُّ

إِذا رُمْــنَ الســلامةَ مــن طـريق

أَتــتْ مــن دونـه للمـوت طُـرْق

بلَيْــــلٍ للقـــذائفِ والمنايـــا

وراءَ ســمائِه خَــطْفٌ، وصَعْــقُ

إِذا عصــفَ الحــديدُ; احْـمَرَّ أُفْـقٌ

عــلى جنباتِــه، واسْــوَدَّ أُفْــقُ

سَــلِي مَـنْ راعَ غِيـدَك بعـدَ وَهْـنٍ

أَبيْــن فــؤادِه والصخــرِ فَـرْقُ؟

وللمســـتعمرِين - وإِن أَلانـــوا -

قلـــوبٌ كالحجـــارةِ، لا تَــرِقُّ

رمــاكِ بطَيْشِــه، ورمـى فرنسـا

أَخـو حـربٍ، بـه صَلَـفٌ، وحُـمْقُ

إِذا مــا جــاءَه طُــلاَّبُ حَــقٍّ

يقــول: عصابــةٌ خرجـوا وشَـقُّوا

دَمُ الثُّـــوارِ تعرفُـــه فرنســـا

وتعلـــم أَنـــه نـــورٌ وحَــقُّ

جــرى فــي أَرضِه، فيـه حيـاةٌ

كمُنْهَـــلِّ الســماءِ، وفيــه رزقُ

بـــلادٌ مـــاتَ فِتْيَتُهــا لِتحْيــا

وزالـــوا دونَ قـــومِهمُ ليبقُــوا

وحُــرِّرَت الشــعوبُ عـلى قَناهـا

فكــيف عــلى قناهــا تُسْـتَرَقُّ؟

بنــى ســورِيَّةَ، اطَّرِحـوا الأَمـاني

وأَلْقُــوا عنكــمُ الأَحــلامَ، أَلْقُـوا

فمِــنْ خُــدَعِ السياسـة أَن تُغَـرُّوا

بأَلقـــاب الإِمـــارةِ وهْــيَ رِقُّ

وكــم صَيَـد بـدا لـك مـن ذليـل

كمــا مـالت مـن المصلـوب عُنْـقُ

فُتُــوق الملـكِ تَحْـدُثُ ثـمّ تمضـى

ولا يمضـــي لمخـــتلفِين فَتْــقُ

نَصَحْــتُ ونحــن مخــتلفون دارًا

ولكــنْ كلُّنــا فــي الهـمِّ شـرقُ

ويجمعنـــا إِذا اخـــتلفت بــلادٌ

بيــانٌ غــيرُ مخــتلفٍ ونُطْــقُ

وقفتــم بيــن مــوتٍ أَو حيــاةٍ

فــإِن رمْتـم نعيـمَ الدهـر فاشْـقُوا

وللأَوطــانِ فــي دَمِ كــلِّ حُــرٍّ

يَـــدٌ ســلفتْ وديْــنٌ مُســتحِقُّ

ومــن يَســقي ويَشــربُ بالمنايـا

إِذا الأَحــرارُ لـم يُسـقَوا ويَسـقُو؟

ولا يبنـــي الممــالكَ كالضحايــا

ولا يُـــدني الحــقوقَ ولا يُحِــقُّ

ففـــي القتــلى لأَجيــالٍ حيــاةٌ

وفـي الأَسْـرَى فِـدًى لهمـو وعِتْـقُ

وللحريـــةِ الحـــمراءِ بـــابٌ

بكـــلِّ يَـــدٍ مُضَرَّجَــةٍ يُــدَقُّ

جــزاكم ذو الجــلالِ بنـى دِمَشـقٍ

وعــزُّ الشــرقِ أَوَّلُــهُ دِمَشْــقُ

نصــرتم يــومَ مِحنتــهِ أَخــاكم

وكــلُّ أخٍ بنصــرِ أَخيــه حــقُّ

ومــا كــان الــدُّروزُ قَبِيـلَ شـرٍّ

وإِن أُخِــذوا بمــا لــم يَسـتحِقُّوا

ولكـــنْ ذادَةٌ، وقُـــراةُ ضيــفٍ

كينبــوعِ الصَّفــا خَشُــنوا ورَقُّـوا

لهــم جــبلٌ أَشــمُّ لــه شـعافٌ

مـوارد فـي السـحاب الجُـونِ بُلْـقُ

لكـــلِّ لَبــوءَةٍ، ولكــلِّ شِــبْلٍ

نِضـــالٌ دونَ غايتِـــه ورَشْــقُ

كــأَن مِــن السَّـمَوْءَلِ فيـه شـيئًا

فكــلُّ جِهاتِــه شــرفٌ وخــلْقُ

قصيدة أحمد شوقي سلام من صبا بردى أرق بصوت الحمين

L'Union des Forces Démocratiques (اتحاد القوى الديمقراطية) d'Ahmed Mahsas, par Mohammed Futuwwa

Ahmed Mahsas 2

 

 

Le 17 février 1998, le dirigeant nationaliste arabe Ahmed Mahsas, ancien dirigeant de la révolution algérienne, au nom de l’Union des Forces Démocratiques, l’une des composantes du camp national arabo-islamique en Algérie fondée en 1989, publiait un communiqué dans lequel il appelait à la solidarité avec l’Iraq. Ahmed Mahsas pose une relation dialectique entre la défense inconditionnelle de l’Iraq et le processus de sauvegarde de la paix civile en Algérie. « Bloquée, affaiblies par huit ans de violence, est-ce aussi un hasard ?, les forces nationales en Algérie doivent plus que jamais se mobiliser pour le rétablissement de la paix dans notre pays. Aucune solution, aucun moyen ne peuvent être négligés. Certes, le rétablissement de la paix en Algérie est un préalable à toute action unioniste arabe. Mais la défense de l'Irak, la solidarité avec le peuple palestinien, n'en déplaise aux esprits infirmes, contribuent aussi à la paix en Algérie ».

Non à l’agression contre l’Irak

Malgré l'acceptation par Bagdad du contrôle de tous ses sites et de la mise sur pied d'une commission sous l'autorité de Kofi Annan, l'Amérique veut frapper l'Irak. Malgré l'opposition unanime du monde arabo-musulman, Ligne arabe et OCI, de la Russie, de la Chine et de la France, l'Amérique veut quand même frapper l'Irak. Son chef d'état-major interarmées n'a pas joué sur les mots. Il a affirme que le plan d'attaque est prêt et le dispositif militaire suffisant. Sans plus aucun prétexte, l'Amérique mobilise sa force de guerre contre l'Irak pour transformer le blocus, prolongement de la plus grande coalition anti-arabe, en dépeçage. Ainsi, personne ne saurait ignorer aujourd'hui les motifs véritables qui ont déterminé l'agression de 1991. Cette nouvelle agression frappe de nullité tous les prétextes, toute l'argumentation de la guerre de 1991, sur la libération du Koweit, et de sa prétendue insertion dans le droit international. Alors que veut précisément l'Amérique ? Le pétrole, la main mise sur les richesses arabes, réduire Bagdad à l'age de pierre. Mais ce souci opiniâtre ne peut occulter l'autre mobile. L'anéantissement de toute puissance arabe, l'endiguement chronique de toute velléité arabe de reconstruction. L'Irak, même affaiblie, n'en déplaise aux esprits défaitistes, constitue toujours un noyau de cette puissance arabe qui reste un tout: politique, économique, culturel et civilisationnel. Faut-il rappeler que depuis 1991, est-ce un hasard? Le monde arabe vit des situations de pré-guerre civile, une paupérisation accélérée, de l'Algérie au Yémen, en passant par l'Egypte. Il est clair que la guerre de 1991 n'a pas atteint tous ses objectifs: renversement du régime irakien; partition de l'Irak en trois morceaux, le Sud, le Nord et Bagdad délimitées déjà par les zones d'exclusion en vigueur. Or, dans le même temps, la Libye, le Soudan sont sous embargo. L'exploitation de différents ethniques et religieux au sud Soudan, au Maghreb illustre parfaitement un plan, des objectifs, sans équivoque, qui ne visent pas seulement l'Irak. Il s'agit de la volonté chère au plan Sykes-picot dans la deuxième étape se traduit par une nouvelle partition du monde arabe. Le respect des résolutions internationales ? Mais Israël poursuit sa colonisation forcenée, la répression dans les territoires arabes occupés, violant toutes les résolutions du Conseil de sécurité, au mépris des accords dit de pais, co-signés, parrainés pourtant par les Etats Unis. Face à cette situation, la priorité des priorités est d'arrêter l'agression contre l'Irak. Ce sera le premier test de la détermination de toutes les forces arabes qui doivent faire converger leurs efforts vers ce but: défense de l’intégrité territoriale de l’Irak et de sa souveraineté nationale par l’opposition à toutes formes d’agressions, de menaces et chantages d’agression. EXIGEONS LA LEVÉE IMMEDIAT, INCONDITIONNELLE DE L’EMBARGO. EXIGEONS LA DISCUSSION SUR LA QUESTION DES ARMEMENTS NON CONVENTIONNELS DANS LE STRICT CADRE DU CONTRÔLE DES ARMEMENTS DU MÊME TYPE DÉTENU OFFICIELLEMENT PAR ISRAEL. Toute discrimination de la politique de deux poids deux mesures sont inacceptables. Elle discrédite encore plus toute légalité internationale, remettent en cause les fondements mêmes de l’ONU et de son Conseil de sécurité. L’UFD APPELLE TOUTES LES FORCES ARABES, PARTIS, SYNDICAT, INTELLECTUELS, CITOYENS ou DIRIGEANTS A SE MOBILISER AUTOUR DE CES OBJECTIFS, L’AVENIR ARABE EN DÉPEND. Bloquée, affaiblies par huit ans de violence, est-ce aussi un hasard ?, les forces nationales en Algérie doivent plus que jamais se mobiliser pour le rétablissement de la paix dans notre pays. Aucune solution, aucun moyen ne peuvent être négligés. Certes, le rétablissement de la paix en Algérie est un préalable à toute action unioniste arabe. Mais la défense de l'Irak, la solidarité avec le peuple palestinien, n'en déplaise aux esprits infirmes, contribuent aussi à la paix en Algérie. Alors que se multiplie à l'échelle internationale, plus particulièrement chez les peuples du sud, la contestation contre la mondialisation qui impose le règne de l'exclusion, de la purification ethnique suscitée, des migrations de population contre leur gré, l'Irak paie dans sa chair le prix de sa résistance quotidienne à cet ordre mondial. Cette mondialisation sans âme, parce que techniciste, mène une véritable guerre contre les civilisations et celle qui incarne l'Irak.

Oui à la civilisation contre la barbarie

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Le Mouvement des Nationalistes Arabes (حركة القوميين العرب), par Mohammed Futuwwa

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Il s'agit de l'une des expériences politiques et intellectuelle les plus riches que la Nation arabe ait connu. Le MNA est pourtant largement sous-estimé, au profit du parti ba'th et du nassérisme. Si le Ba'th a pris le pouvoir d'Etat en Iraq et en Syrie, et si l'Egypte fut un temps nassérienne, le MNA n’exerça jamais directement le pouvoir. Il a en revanche fertilisé une grande partie de la gauche patriotique arabe. Sa devise était : « Unité, libération, Vengeance ».

Sa source d'inspiration était le grand philosophe syrien Constantin Zurayq. Parmi les fondateurs du MNA, il y avait le médecin palestinien Georges Habbache. La direction du Mouvement comprend six étudiants de l’université américaine de Beyrouth : deux palestiniens, Georges Habache et Waddi Haddad, un libanais, Salah Chabal, un irakien, Hamed Jbouri, un koweïtien, Ahmed al-Khatib, et un syrien, Hani al-Hindi.Le 20 novembre 1952, parait Nashrat al-Tha’r (le Bulletin de la Vengeance), édité par le Comité de résistance à la normalisation avec Israël, l’une des expressions du MNA. Le bulletin hebdomadaire est publié jusqu’en 1958.La Vie politique arabe révolutionnaire, de 1948 à nos jours (1) : Le Mouvement de Nationalistes Arabes (حركة القوميين العرب), par Mohammed Futuwwa

Il s'agit de l'une des expériences politiques et intellectuelle les plus riches que la Nation arabe ait connu. Le MNA est pourtant largement sous-estimé, au profit du parti ba'th et du nassérisme. Si le Ba'th a pris le pouvoir d'Etat en Iraq et en Syrie, et si l'Egypte fut un temps nassérienne, le MNA n’exerça jamais directement le pouvoir. Il a en revanche fertilisé une grande partie de la gauche patriotique arabe. Sa devise était : « Unité, libération, Vengeance ».

Sa source d'inspiration était le grand philosophe syrien Constantin Zurayq. Parmi les fondateurs du MNA, il y avait le médecin palestinien Georges Habbache. La direction du Mouvement comprend six étudiants de l’université américaine de Beyrouth : deux palestiniens, Georges Habache et Waddi Haddad, un libanais, Salah Chabal, un irakien, Hamed Jbouri, un koweïtien, Ahmed al-Khatib, et un syrien, Hani al-Hindi.Le 20 novembre 1952, parait Nashrat al-Tha’r (le Bulletin de la Vengeance), édité par le Comité de résistance à la normalisation avec Israël, l’une des expressions du MNA. Le bulletin hebdomadaire est publié jusqu’en 1958.

Pour Georges Habache, le MNA cherchait à « tirer les leçons de l’échec de 1948. Le principe de base de notre parti reposait sur l’unité arabe, condition sine qua non du règlement du problème palestinien, comme notre slogan – Unité, libération, vengeance - l’indiquait d’ailleurs explicitement (…) Je voudrais attirer l’attention sur un point très essentiel : nous estimions qu’il y avait une relation dialectique très forte entre la libération de la Palestine et l’unité arabe. A nos yeux, le projet sioniste était un projet colonialiste, qui, au delà de la Palestine, visait toute la nation arabe. Nous devions donc nous y opposer par un projet global d’unité dont l’objectif premier était la libération de la Palestine, matrice de tous nos maux

Le Mouvement des Nationalistes Arabes disposait de sections importantes dans de nombreux pays arabes (Palestine, Liban, Jordanie, Arabie, Yémen, Koweït, Oman, Bahrein). A partir des années 1960, ce mouvement a commencé sa mutation et de crise en crise, de scission en scission, il est devenu au début des années 1970 le Parti de l'Action Socialiste Arabe (PASA), organisation nationaliste et marxiste, entièrement vouée à l'Unité arabe. Le Front Populaire pour la Libération de la Palestine (FPLP) étaient la branche palestinienne du PASA. Quand l'armée israélienne attaque le Liban en 1978 et en 1982, le PASA se lança dans l'action directe contre l'envahisseur. En 1982, le PASA devint l'un des membres fondateurs du Front de la Résistance Nationale Libanaise, et il eut de nombreux chouhadas dans les combat contre l'ennemi.

PASA Livre

Pour Georges Habache, le MNA cherchait à « tirer les leçons de l’échec de 1948. Le principe de base de notre parti reposait sur l’unité arabe, condition sine qua non du règlement du problème palestinien, comme notre slogan – Unité, libération, vengeance - l’indiquait d’ailleurs explicitement (…) Je voudrais attirer l’attention sur un point très essentiel : nous estimions qu’il y avait une relation dialectique très forte entre la libération de la Palestine et l’unité arabe. A nos yeux, le projet sioniste était un projet colonialiste, qui, au delà de la Palestine, visait toute la nation arabe. Nous devions donc nous y opposer par un projet global d’unité dont l’objectif premier était la libération de la Palestine, matrice de tous nos maux

Le Mouvement des Nationalistes Arabes disposait de sections importantes dans de nombreux pays arabes (Palestine, Liban, Jordanie, Arabie, Yémen, Koweït, Oman, Bahrein). A partir des années 1960, ce mouvement a commencé sa mutation et de crise en crise, de scission en scission, il est devenu au début des années 1970 le Parti de l'Action Socialiste Arabe (PASA), organisation nationaliste et marxiste, entièrement vouée à l'Unité arabe. Le Front Populaire pour la Libération de la Palestine (FPLP) étaient la branche palestinienne du PASA. Quand l'armée israélienne attaque le Liban en 1978 et en 1982, le PASA se lança dans l'action directe contre l'envahisseur. En 1982, le PASA devint l'un des membres fondateurs du Front de la Résistance Nationale Libanaise, et il eut de nombreux chouhadas dans les combat contre l'ennemi.

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18 mai 2018

Chant patriotique de l'Algérie arabe et musulmane : من أجلك عشنا يا وطني

من أجلك عشنا يا وطني (هامات المجد ) - ياسمين بلقاسم

 

من أجلك عشنا يا وطني *** نفدي بالروح أراضينا

قد كنا أمس عمالقة *** في الحرب نٌذّل أعادينا

وإنا اليوم عمالقة *** في السلم حماة مبادينا

من أجلك يآ .. من أجلك يآ .. يآ وطـــني

أبطالا كنا لا نرضى *** غير الأمجاد تحيينا

نزهو بالماضي في ثقة *** والحاضر يعلو ماضينا

فجرنا الثورة من أزل *** سجّل يا دهر معالينا

والنصر الأكبر كان لنا *** مجدا من صنع أيادينا

من أجلك يآ .. من أجلك يآ .. يآ وطـــني

جيش التحرير و جبهته *** كانا ضوأين بداجينا

قالا:في البدء كرامتنا *** والشعب يسود هنا فينا

خيرات الشعب نقسمها *** فينا بالعدل موازينا

والدعم المطلق نبذله *** للشعب الرافض تدجينا

من أجلك يآ .. من أجلك يآ .. يآ وطـــني

يا سائل..عُرب منبتنا *** دين الإسلام يؤاخينا

هامات المجد مرابعنا*** و الله الحافظ يحمينا

يا سائل..عُرب منبتنا *** دين الإسلام يؤاخينا

هامات المجد مرابعنا*** و الله الحافظ يحمينا

من أجلك يآ .. من أجلك يآ .. يآ وطـــني

من أجلك عشنا يا وطني *** نفدي بالروح أراضينا

وإنا اليوم عمالقة *** في السلم حماة مبادينا

من أجلك عشنا يا وطني *** نفدي بالروح أراضينا

وإنا اليوم عمالقة *** في السلم حماة مبادينا

Constantin Zurayq, LE philosophe du nationalisme arabe

 

Constantin Zurayq

Constantin Zurayq est l'un des plus grands et des plus talentueux philosophe arabe contemporain. Ce Syrien est né le 18 avril 1909 à Damas et mort le 11 août 2000 à Beyrouth. Arabe chrétien (grec-orthodoxe), il a obtenu un doctorat en histoire en 1930 à l'Université de Princeton aux Etats-Unis. Il sera diplomate pendant plusieurs années, avant de devenir le président de l'Université de Damas, puis le vice-président de l'université américaine de Beyrouth. Son œuvre théorique est importante, et son premier livre (1939) s'appelle La conscience arabe (al-wa`i al-`arabi). Constantin Zurayq a eu une énorme influence sur un groupe de jeunes révolutionnaires, comme le Dr. Georges Habbache. Ce groupe formera le Mouvement des nationalistes Arabes.

L'un de ses livre s'appelle « Nous et l'histoire », nahnou wa al-tarikh. C'est un livre essentiel pour comprendre le rapport à la double histoire. L'« histoire » comme synonyme de passé (comme dans la phrase : « L'histoire de l'Algérie ») et l'histoire comme synonyme de la science historique. Le philosophie syrien développe une philosophie nationale pour la renaissance, et cela à partir d'une lecture à la fois rationnelle et spirituelle de l'histoire arabe, jusqu'au prophète. Chrétien, Constantin Zurayq vouait pour le Prophète Mohammed une admiration et un amour immense...

Dans un autre livre, La Conscience arabe, il écrivait ces lignes sublimes :
« Un simple coup de fil sur n’importe quel aspect de notre vie nationale – politique ou économique, social ou intellectuel – montre que nous sommes tous, hommes et femmes, jeunes et vieux, ligotés par nos objectifs étriqués, attachés à nos passions particulières, avides de biens matériels et en conflit à propos des multiples aspects de la vie. Dès lors, on ne s’étonnera pas de voir nos affaires aller mal en pis, la personnalité de nos dirigeants et de nos chefs perdre sa qualité et s’abaisser au-dessous du niveau où elle devrait se situer, cependant que le mécontentement s’étend, que le désespoir se généralise et que les gens en arrivent à ne plus supporter la vie ; eussions-nous l’argent du monde entier et la science du ciel, sans une foi véritable, nous ne saurions atteindre à la liberté ou à la dignité (…)
Revenant de guerre, le noble Prophète arabe disait : « Nous retournons de la petite guerre sainte à la grande guerre sainte, la lutte de l’esprit. » C’est là un mot plein de sagesse et d’enseignement, qui s’applique à toute nation menant une véritable lutte et cherchant à atteindre les fins idéales de la vie. »

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